La bienveillance contre l’exigence ?
Quand on a tout quitté, fui l’oppression et la guerre, le chemin de la reconstruction passe par l’intégration dans le pays d’accueil et l’accès à sa langue. Si la soif d’apprendre est bien réelle chez les réfugiés, la procédure de demande d’asile, souvent une longue attente sans repères, n’est pas propice à la motivation. Des associations accompagnent ces réfugiés dans leur apprentissage de la langue française et leur insertion. Mais la position des bénévoles, entre empathie, tolérance et exigence d’assiduité est parfois difficile à tenir. Un pas de côté pour mieux comprendre quels enjeux se nouent autour du couple bienveillance-exigence.
L’association Français langue d’accueil (FLA) accompagne les réfugiés de la région parisienne, quel que soit le stade de leur parcours en France, en leur proposant depuis huit ans des ateliers de français et une aide à l’insertion professionnelle. Cet objectif s’inscrit dans un double mouvement : favoriser l’insertion des personnes par l’apprentissage du français, les accueillir en transmettant la langue et la culture qui lui est liée. Ainsi, le moteur de l’activité de FLA est alimenté par une tension entre deux pôles : d’un côté, rendre le plus efficace possible l’apprentissage, ; de l’autre, accueillir des personnes dans une situation de très grande précarité. Se pose donc la question…