Inverser la classe pour inverser l’échec ?
Donner à lire ou à visionner une vidéo à la maison, au lieu d’y faire ses devoirs : cet échange limite-t-il les inégalités sociales face au travail scolaire ?Il n’existe pas de recherches qui permettraient de savoir si la classe inversée possède vraiment, en matière de réussite scolaire, les vertus que lui prêtent ses partisans. Cette pratique connait cependant un véritable engouement et nombre de ceux qui s’y essaient disent qu’ils ne reviendraient pour rien au monde à ce qu’ils faisaient auparavant. Qu’est-ce qui peut justifier un tel enthousiasme et avons-nous des éléments qui permettent d’en évaluer le bienfondé ?
Une raison du succès de la classe inversée provient très certainement de ce qu’elle essaie de mettre fin à une externalisation du travail des élèves hors la classe, voire hors l’école. Tout montre en effet que la scission entre les moments où on prend la leçon et ceux où on s’exerce est préjudiciable à la continuité des apprentissages si les élèves n’ont pas l’autonomie nécessaire à la mise en lien de ces deux activités. Maitriser au sein de l’école ce moment indispensable de prise de risques au lieu de le renvoyer à la responsabilité d’adultes très divers (assistants pédagogiques, enseignants volontaires, bénévoles, parents, prestataires de service privés, etc.) semble un bon moyen de faire de l’école son propre recours et de soustraire les élèves à des préoccupations ou intérêts d’adultes souvent éloignés des apprentissages. D’un point de vue de justice sco…