Entre neurosciences et éducation : les chainons manquants
Comment combler l’espace entre production de connaissances neuroscientifiques et développements de pratiques éducatives ? Comment trouver les chainons manquants ?
Il parait clair que les connaissances issues des neurosciences sont utiles dans les pratiques éducatives. Mais l’application des recherches issues des neurosciences à la salle de classe soulève cependant plusieurs difficultés.
Une première difficulté réside dans le manque de communication entre chercheurs en neurosciences et professionnels des sciences de l’éducation. La plupart des neuroscientifiques ignorent ou sous-estiment les recherches actuelles en sciences de l’éducation. Lorsque Stanislas Dehaene écrit « je dis aux éducateurs : ne prenez pas les enfants pour des têtes vides que vous allez remplir, mais pour des systèmes abstraits capables d’apprentissage »1, il montre une certaine méconnaissance du métier d’enseignant et surtout de la recherche en didactique. En effet, de Piaget aux travaux les plus récents, les théories constructivistes font partie du savoir professionnel de base d’un enseignant et on ne saurait imaginer aujourd’hui un enseignant qui verrait l’enfant comme une tête vide et non-constructeur de ses connaissances. Le risque de ce type de communication est le rejet massif de la part des professionnels de l’éducation (chercheurs et praticiens) des approches éducatives basées sur les neurosciences. Les neuroscientifiques ne sont pas les mieux placés pour communiquer avec les enseignants et il faudrait des personnes dédiées pour faire le lien, des didacticiens par exemple.
Du côté des enseignants et des chercheurs en sciences de l’éducation, un manque de connaissances en psychologie et neurosciences peut conduire à une simplification, voire une mauvaise interprétation des résultats scientifi…