Des groupes de niveau ou de progression ?
L’enseignement des langues vivantes évolue de la classe ordinaire vers d’autres dispositifs, plus adaptés aux compétences des élèves : comment éviter une approche trop restreinte à des groupes de niveaux ?
Depuis plusieurs années, les groupes de compétences en langue étrangère peinent à s’implanter dans les établissements du second degré, bien que l’institution y incite les équipes. Hésitations sur leur caractère obligatoire ou facultatif, incertitudes sur leurs modalités d’organisation et inquiétudes quant au risque de renforcement des inégalités contribuent à cet immobilisme apparent. Comme aucun autre référent n’est clairement identifié, ce sont les groupes de niveaux qui tendent à s’imposer comme modèle si on interprète les groupes de compétences comme des parcours scolaires séparés, ou comme contremodèles si on en refuse le principe. Il faudrait définir les groupes de compétences par des repères précis : la démarche proposée dans cette contribution consiste à comparer six dispositifs d’enseignement des langues pour en tirer ces repères.
Le premier est le plus courant : les élèves, regroupés par critères d’âge sans tenir compte de leur degré de compétence réel, suivent en principe le même enseignement dans un tronc commun, les groupes restant inchangés pendant une année. En dépit de la référence obligée au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), les objectifs demeurent souvent exprimés en termes de connaissances formelles ou de compétences générales. Cela va de pair avec une évaluation par contrôle et notation : des notes disparates de vocabulaire, grammaire, participation orale, compréhension, expression se combinent en moyennes individuelles dont la composition varie avec chaque enseignant…