À L’ÉCOLE PRIMAIRE, PRIORITÉ À L’ESPRIT DU SOCLE
Des changements de programmes fréquents, une concordance entre socle et programmes difficile à percevoir, des manuels souvent encyclopédiques, une liste de notions non hiérarchisées et parfois inutiles au niveau de l’école primaire, une formation didactique quasi inexistante avant la première prise de fonction… Qu’est-ce qui aidera à la maitrise de la langue à l’école primaire ?
Lorsque les programmes de 2008 sont arrivés, le socle est resté en vigueur. Les enseignants ont eu alors le sentiment que les programmes demandaient aux élèves beaucoup de compétences et de connaissances non explicitement inscrites dans le socle. Il devient bien difficile de faire classe pour tous les élèves lorsque les différences entre socle et programmes sont si fortes. En effet, des injonctions parfois paradoxales conduisent à un sentiment d’impuissance face aux difficultés de certains élèves. Finalement, la question est bien : est-il compatible d’assurer le programme et de faire acquérir ce qui semble des bases nécessaires ? Quoi qu’il en soit, la réponse n’est pas dans les textes officiels !
Premier problème, les progressions officielles, qui servent souvent de base à la construction des programmations, montrent des incohérences : par exemple, on trouve en orthographe en CM1, « écrire sans erreur les infinitifs de verbes du premier groupe après préposition (il me dit d’aller) », mais la préposition n’est étudiée qu’au CM2 (« distinguer selon leur nature les mots des classes déjà connues, ainsi que […] les prépositions (lieu, temps) »).
Proposition : prendre au pied de la lettre la « liberté pédagogique » évoquée par le préambule des programmes, qui laissent « libre le choix des méthodes et des démarches, témoignant ainsi de la confiance accordée aux maitres…