Réussir la végétalisation des cours d’école

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Sylvain et Romain Wagnon, Chronique sociale, 2025

Écrire aujourd’hui sur la végétalisation des cours de récréation, c’est s’intéresser à un processus déjà engagé depuis plusieurs années. Ce mouvement nous concerne tous : il s’inscrit dans une prise de conscience internationale face aux transformations écologiques, aux défis environnementaux et à la nécessaire adaptation des espaces bâtis, dont les établissements scolaires. Pourquoi végétaliser les cours d’école ? L’objectif est clair : transformer ces espaces longtemps minéralisés en lieux d’apprentissage et de jeu harmonieux, durables, où chaque enfant peut s’épanouir. Débitumer, désimperméabiliser, renaturer, et plus largement végétaliser : ces actions sont devenues des orientations fortes de nos sociétés. Il s’agit d’y créer des ilots de fraîcheur, de biodiversité, mais aussi des environnements plus agréables et stimulants.

Dans ce contexte, cet ouvrage offre un cadre précieux. Il rappelle que végétaliser n’est pas seulement planter quelques arbres : c’est repenser un espace structurant du quotidien scolaire. La cour devient un lieu où le vivant réintroduit du sensible, où se réinventent les usages et les rapports entre élèves. « Allons jouer », propose l’ouvrage, mais jouer autrement. La présence du végétal diversifie les pratiques, apaise les tensions, redistribue les territoires. On y voit émerger un espace réellement pour toutes et tous, où les dominations sportives ou genrées se trouvent atténuées au profit de zones variées : calmes, créatives, exploratoires.

Le livre met également en valeur la dimension expressive et pédagogique de ces transformations. Végétaliser, c’est ouvrir à l’observation du vivant, à la créativité, à l’expérimentation. La cour devient un lieu d’expression : construire une cabane, jardiner, tracer, raconter. Elle devient aussi une ouverture vers l’extérieur, mobilisant services municipaux, associations, familles, et faisant de cet espace un véritable commun scolaire.

Conscient que chaque cour possède sa géographie, son climat, sa culture, l’ouvrage rappelle qu’il n’existe pas de modèle unique : « à chacun sa cour végétalisée ». D’où l’intérêt majeur du vadémécum final. Ce cahier des charges opérationnel accompagne les équipes dans le diagnostic, la concertation, le choix des essences, la gestion des sols, l’accessibilité ou encore l’entretien. Un outil structuré, qui rassure sans figer.

Reste la question centrale : à quoi ressemble la cour idéale ? Le livre offre une réponse nuancée : plus qu’un plan ou une forme, c’est une démarche. Une cour réussie est une cour pensée collectivement, où la nature devient alliée de l’éducation, du bienêtre et de la créativité. À ce titre, cet ouvrage, entre manifeste écologique et guide pédagogique, constitue une ressource précieuse pour celles et ceux qui souhaitent transformer l’école… en commençant par l’espace où les enfants vivent, jouent et grandissent.

Marie-Joanna Chamlong

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