Retrouver le jeune derrière l’élève
Si l’on prend au sérieux la construction des projets personnels et professionnels, on se rend compte que les articles de ce dossier nous invitent à reconsidérer la diversité des jeunes et de leurs parcours, au-delà de l’élève abstrait de notre imaginaire scolaire.
À considérer les tergiversations depuis une trentaine d’années sur ces questions, on sent bien que la projection du monde éducatif vers le monde professionnel ne va pas de soi dans notre pays. Quand, en 2005, la première version du socle commun reprenait l’essentiel des compétences clés européennes, elle prenait garde à oublier l’esprit d’entreprise pour ne pas heurter les sensibilités françaises.
Notre école française est marquée par une tension historique entre la tradition scolaire de fermeture relative au monde économique et social et la nécessité de mieux préparer l’orientation professionnelle. L’idéal de la réussite scolaire est encore souvent sa propre reproduction : une bonne partie des grandes écoles qui couronnent les parcours les plus brillants ne préparent-elles pas d’abord à l’enseignement et à la recherche ?
Inscrire la dimension de l’orientation professionnelle dans les parcours scolaires est ainsi, déjà, un enjeu démocratique lié à la massification scolaire : une majorité de jeunes devra trouver des emplois dans des secteurs privés ou publics bien éloignés du monde académique. C’est aussi un enjeu scolaire lié à la motivation. Plusieurs témoignages et expériences de ce dossier montrent combien faire sortir les élèv…