Quand les élèves collaborent pour réécrire
Un dispositif de tutorat à distance où les savoirs et compétences sont construits dans l’action et formulés pour les partenaires.
La didactique de la production écrite tend aujourd’hui à mettre l’accent sur les tâches et les projets. Cette évolution apparait solidaire du développement de l’approche par compétences, dont l’une des caractéristiques est d’envisager les savoirs et les habiletés cognitives en situation : comme le souligne Jacques Leplat1 les compétences sont finalisées (on est compétent pour une tâche ou une classe de tâches), ne peuvent s’exprimer que dans l’exécution d’une tâche et s’acquièrent d’abord dans l’action. Du côté de la didactique de la langue maternelle, l’écriture « pour de bon », destinée à des lecteurs, est également considérée par beaucoup comme le cadre nécessaire d’un enseignement de l’écriture, ne serait-ce que parce qu’écrire est une activité sociale.
Cependant, l’approche centrée sur les compétences, les tâches communicatives et la pédagogie de projet ne peuvent-elles pas conduire les élèves à se cantonner à faire ce qu’ils maitrisent déjà et ce qui est demandé dans la seule situation présente, sans possibilité de transfert ? Le risque des « pédagogies invisibles »