Orientation et école : le couple ne va pas encore de soi
L’orientation, fonction essentielle dans un système éducatif qui mobilise un quart de l’existence de 80 % des élèves en France, combien d’heures dans la dotation globale horaire ? Autrement dit, comment en est-on arrivé à ce couple qui ne va pas encore de soi ?
L’orientation comme fonction sociale est née en dehors de l’école dans les années 1930, en France. Elle n’a progressivement investi le système éducatif qu’à partir de la massification scolaire, au cours des années 1960. Mais à la faveur de celle-ci, elle a servi les impératifs de répartition de l’école, au point de ne plus être considérée que sous cet angle d’une orientation scolaire, jusqu’au début des années 1980. On sait aujourd’hui que la fonction d’orientation couvre maintenant non seulement le temps de la scolarité, mais de plus en plus le déroulement même de toute une vie professionnelle.
Ce sont les travaux universitaires nord-américains puis canadiens qui ont introduit une autre conception de l’orientation que celle d’une simple fonction de répartition sociale. Pour eux, la question du choix professionnel s’inscrit dans une perspective plus large, qui est celle du développement de la personne tout au long de sa vie. L’aspect professionnel n’est qu’un des domaines dans lesquels s’observe ce processus. C’est donc d’un processus de développement personnel qu’il s’agit. Ce processus est, selon ces travaux, éducable : on peut le stimuler en proposant à l’individu des expériences pertinentes.
Les approches canadiennes de l’orientation ajoutent leurs propres ingrédients à cette nouvelle vision, en premier lieu la psychologie humaniste de John Dewey et Carl Rogers qui conçoit l’être humain comme étant …