Nouvelle ? Vous avez dit « nouvelle » ?
Depuis Rousseau, cette contradiction : laisser faire le naturel, ou élaborer de bonnes techniques éducatives ?
Le nouvellisme est une constante de l’histoire de l’éducation. Revendiquer qu’on fasse du neuf parce que les choses se passent mal est une vieille réclamation. Annoncer qu’on va faire du neuf, et qu’on va voir ce qu’on va voir, est une antique proclamation.
Les nouvellistes font parfois de cette ancienneté un argument en leur faveur : nous ne voulons rien d’autre que ce que préconisaient Comenius, Montaigne ou Socrate. Ils peuvent assurément se prévaloir, au fil des siècles, d’une impressionnante litanie d’autorités qui leur donnent raison. Mais leurs adversaires (car l’opposition au nouvellisme est, tout aussi bien, une autre constante de l’histoire de l’éducation) retournent, mais aussi détournent, l’argument : effectivement, ce que vous proposez là n’est pas nouveau, cela fait des lunes que ces choses-là se pratiquent sans qu’on ait eu besoin pour les désigner ni de mots savants, ni d’effets d’annonce. Existe-t-il, par exemple, des enseignants qui soient contre l’élève actif ? Reste évidemment à définir en quoi consiste cette activité et comment elle s’articule avec l'(in)activité du maitre.
La constitution de la nébuleuse éducation nouvelle est, au cours du XIXe