Masculin sensible, féminin libre

Publié le Lecture : 15 min

Être un garçon, un adolescent, un homme, un père puis un grand-père ne va pas de soi aujourd’hui. C’est probablement encore plus vrai en milieu populaire. Quels moyens prendre pour une éducation qui lutte contre les préjugés sexistes et homophobes, et faire évoluer particulièrement les représentations concernant les garçons ?

Les injonctions reçues dès la crèche, puis l’école maternelle, par les petits des deux sexes sont asymétriques. Une expérience célèbre en psychologie sociale révèle que, face à une même vidéo montrant un bébé qui pleure, le groupe de témoins pense qu’elle a peur si on lui dit que c’est une fille, et qu’il est en colère si on indique que c’est un garçon. De nombreux écrits et recherches vont ensuite démontrer que les filles et les femmes apprendront à conditionner leur liberté à la protection par le masculin, et les petits garçons à ne confier leur sensibilité qu’au féminin.

Notre expérience en milieu populaire (notamment en zone périurbaine et en zone rurale) montre que les représentations ont évolué lorsqu’il s’agit des filles, mais très peu en ce qui concerne les garçons, voire qu’elles se sont renforcées. En effet, les injonctions réfrénant la liberté au féminin d’un côté, et réprimant la sensibilité au masculin de l’autre, sont d’autant plus fortes que les modèles adultes de proximité sont asymétriques et clivés entre les deux sexes.

Autrement dit, les petits garçons et …

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