« Mais là, on sort un peu du cadre, non ? »
Trois œuvres numériques aux résonances et aux prolongements multiples… Mais vouloir les intégrer aux listes de bac comporte bien des obstacles !En 2012, avec de nombreux autres enseignants de lettres, je découvre à la BNF la littérature numérique, avec notamment François Bon ou Serge Bouchardon, lors du plan national de formation « Les métamorphoses de l’œuvre et de l’écriture à l’heure du numérique : vers un renouveau des humanités ? ». Les perspectives pour l’enseignement des lettres au lycée me semblent intuitivement très riches, mais je prends le temps d’explorer les œuvres de ces auteurs avant de me lancer dans leur étude avec mes élèves. Une amie, Delphine Regnard, constate presque deux ans plus tard que le choc de ce PNF n’a pas eu de répercussions très visibles dans les scénarios pédagogiques innovants que les travaux inter-académiques (les « TraAM ») font remonter du terrain. Je décide alors de réagir : ces découvertes ont été décisives pour moi, et je suis sure que la littérature numérique peut être extrêmement stimulante pour les lycéens. Je me lance donc un défi : non seulement je vais intégrer la littérature numérique dans mon enseignement, mais je vais l’inscrire sur un descriptif de bac français, pour la lecture analytique, au même titre qu’un texte traditionnel. Ainsi, en 2014 et en 2015, j’ai mis trois œuvres numériques au programme de l’oral de deux classes de 1re S et d’une classe de 1re L.
Jean-Charles Massera est un auteur qui, depuis quelques années, cherche à « sortir du livre » et multiplie les supports, comme il le raconte de façon très vivante dans…