Lorsque Pégase donne des ailes
Penser notre pratique pédagogique, la rêver même, la modéliser pour être ainsi plus à même de la faire évoluer : voici une ambition riche et stimulante sur le plan intellectuel. Mais qu’il est difficile, et parfois cruel, de faire face à l’épreuve des faits !
Un lycée comme tant d’autres. Une sonnerie qui retentit. Les trente-deux élèves d’une classe de 2nde entrent en cours, joyeux et bruyants comme toujours… Mais il y a quelque chose de différent, quelque chose de prometteur… Le bruit s’atténue assez rapidement. Les affaires sont sorties, mais non ouvertes : c’est le rituel de la pause de reconnexion. Après quelques paroles d’accueil, l’enseignant pose la question attendue : « Pourriez-vous vous remettre en tête les cinq mots ou expressions les plus importantes, pour vous, du dernier cours ? » Et là, moment miraculeux : le silence s’installe, des mains se lèvent peu à peu… L’enseignant attend encore : « J’aimerais une forêt de mains levées… Bon… Alors, qui serait d’accord pour venir écrire ces cinq mots au tableau, simplement trois d’entre vous… ». Le dialogue s’engage alors sur la sélection écrite par chacun des trois volontaires.
Juste après ce premier temps, apparait sur l’écran un schéma avec titre du chapitre centré et accompagné d’un dessin symbolique et multicolore, avec des branches qui se ramifient peu à peu, et des mots clés écrits sur chaque branche. C’est un schéma heuristique : le plan d’ensemble du cours apparait. Chaque élève a un schéma construit de la même façon, mais qu’il a rempli avec sa personnalité propre : couleurs, symboles, petits dessins, écriture… L’enseignant demande alors aux élèves : « Rappelez-moi maintenant : d’où vient-on et où va-t-on dans ce chapitre ? À quelle question va-t-on essayer de répondre aujourd’hui ? ». Des doigts se lèvent et différentes propositions affluent : assez rapidement, se dégage, à partir du schéma, la question clé qui va structurer le cours.

Une activité en groupe spécialisé de quatre élèves, chaque grou…