Les paris d’une réforme nécessaire
Si personne ne conteste la nécessité de la réforme du baccalauréat, sa mise en place, ses conséquences et les questions qu’elle suscite interrogent les enjeux éducatifs et sociétaux qui la sous-tendent.Si la réforme du bac semble passer si facilement, c’est d’abord parce que le système actuel est à bout de souffle. Face au poids et au cout d’un examen qui occupe des semaines et qui mobilise des masses de correcteurs et d’examinateurs pour un résultat largement prévisible, tout ce qui pourrait alléger le bac est perçu comme une bonne chose. Bien que chaque discipline craigne de passer à la trappe, on ne conteste guère la nécessité de la cure. Après que les travaux personnels encadrés et le contrôle continu ont été l’objet de violentes critiques au nom de la lutte contre le « pédagogisme » et la « démagogie », il semble que ces pratiques soient aujourd’hui approuvées et soutenues par beaucoup d’enseignants. Rappelons que le contrôle continu va de soi dans les bacs technologiques et professionnels.
Le bac actuel est victime de sa propre croissance car, en se multipliant, il a changé de nature. Au fil de plusieurs décennies de massification scolaire, le bac a acquis un double statut. D’un côté, c’est u…