Le lycée français se cherche et ne s’est pas encore trouvé
On peut déplorer que la réforme du baccalauréat n’ait pas été l’occasion d’une vraie réflexion et d’une refonte du lycée. Cette dernière, tâchant de concilier enseignements communs et introduction d’une part de modularité, pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes.Le système éducatif français, depuis le milieu du dernier siècle, n’a jamais cessé d’être investi de deux missions contradictoires et épisodiquement mises en tension à la fois par ses innombrables réformes et par la demande sociale de formation et d’égalité de traitement des élèves : une mission d’élévation du niveau général de formation de la population et une mission plus ou moins assumée de tri et de sélection.
On a vu ainsi se succéder des phases de stagnation de la démocratisation et des phases d’accélération bien connues des historiens de l’éducation : lente et difficile création du collège unique en 1975, mais réellement achevée en 1997 si on l’évalue à l’aune d’une scolarité complète de quatre ans au collège de tous les jeunes ; puis démocratisation lente du lycée grâce aux filières technologiques dans les années 70 dans un premier temps, et accélération foudroyante du milieu des années 80 par l’élargissement de l’accès à tous les types de baccalauréat. Mais c’est ensuite la stagnation à partir de 1994 et à l…