La recherche collective de tactiques orthographiques
Rendre les élèves autonomes pour orthographier des mots nouveaux, dédramatiser l’orthographe lexicale, faciliter la mémorisation des mots et leur transfert dans diverses activités d’écriture : tel est le pari développé par l’orthotactique.
L’orthographe lexicale est, la plupart du temps, absente ou reléguée à un apprentissage hypothétique à la maison, sans apport méthodologique de l’enseignant. Les leçons, avec exercices d’application, diffusées par couches successives au cours des années de l’école élémentaire, ne sont guère plus bénéfiques. Pourtant, la capacité des élèves à revenir sur la façon dont ils construisent leurs savoirs, ainsi que la curiosité pour les mots, leur forme et leur particularité peuvent être sollicitées dès les premiers apprentissages, loin du dressage linguistique, dans un rapport de plaisir de la langue qui perdurera jusqu’à l’âge adulte.
Notre intérêt pour ce sujet, alimenté par la lecture de Danièle Cogis, s’est cristallisé après une rencontre avec Michel Fayol, à qui nous empruntons la dénomination de nos séances « d’orthotactique », ainsi que l’utilisation des différentes formes de mémorisation : visuelle, auditive et kinesthésique.
Sensibilisées aux dimensions sociale et culturelle de l’orthographe, préoccupées par la complexité de l’activité de l’enseignant, nous avons choisi d’analyser notre pratique dans plusieurs classes, et en particulier dans un CM1 en éducation priorit…