Français et mathématiques peuvent travailler ensemble
Ensemble, l’enseignant de français et celui de mathématiques peuvent contribuer de nombreuses façons à l’acquisition de diverses compétences dans le domaine de la maitrise de la langue.
Depuis de nombreuses années, nous sommes convaincus de la fécondité des liens à établir entre français et mathématiques. Des pistes nombreuses ont été ouvertes, notamment dans le cadre de l’approche par compétences, permettant de ne plus réduire le travail en langue du professeur de mathématiques à un signalement de fautes d’orthographe et à une exhortation continue à faire des phrases complètes.
Nous voudrions donner ici quelques aspects d’une collaboration possible. Précisons que si celle-ci se révèle trop compliquée, chaque enseignant peut toujours, en parallèle, travailler tel ou tel point dans sa discipline respective.
On peut faire observer aux élèves l’organisation des textes mathématiques, à travers la spécificité d’un langage qui nous éloigne de l’expérience empirique quotidienne et comporte des spécificités qu’il ne faut pas surestimer pour autant. Il s’agit toujours du français, et non d’une langue étrangère !. Dans un dossier des Cahiers pédagogiques (n° 316, « Français – Mathématiques »), Danièle Fougères notait par exemple les distorsions importantes entre l’oral et l’écrit (on ne lit pas de façon linéaire, par exemple « 5<y<12 » qui se lit « y est compris entre 5 et 12 »). Elle indiquait également la cohabitation de plusieurs types de textes, pas toujours bien repérée par les élèves (textes qui décrivent, fausses narrations, textes qui instituent, etc.).
Par ailleurs, le langage mathématique académique utilise beaucoup les formes impersonnelles et passives, les nominalisations (source de dif…