Faire de l’histoire, mais encore ?
Pour parvenir à la formulation de compétences dignes de ce nom, il faut d’abord aller chercher du côté de l’épistémologie de la discipline comme des travaux universitaires sur le sujet. Reste à les exprimer de façon utilisable en classe.
Pourquoi enseigner l’histoire ? Est-ce pour faire acquérir des connaissances historiques, pour développer l’esprit critique ou la maitrise de savoir-faire spécifiques ou de capacités transversales ? Je serais tentée de dire tout cela à la fois. Aujourd’hui, le concept de compétence me permet de penser ces différents éléments ensemble, un outil intégrateur permettant de donner de la cohérence à ma discipline.
Pour définir ces compétences, j’ai croisé un cadre théorique, la pédagogie de l’intégration telle que présentée par Xavier Roegiers, des réflexions sur les finalités de l’enseignement de l’histoire émanant d’historiens et de membres de l’institution ainsi que des référentiels d’enseignement construits en termes de compétences, en particulier le référentiel québécois.
Le colloque « Apprendre l’histoire et la géographie à l’école » a donné l’occasion à plusieurs historiens et membres de l’institution de s’exprimer sur les finalités de cet enseignement. Outre que l’histoire est « une science qui se construit par les traces », deux éléments leur semblent fondamentaux : la temporalité et l’évènement historique, le fait. Pour Philippe Joutard, « il est indispensable de construire chez les élèves le sens du temps, en combattant d’une part le “présentisme” par l…