Encore un peu de courage !
Pour clore ce dossier, le regard croisé de deux universitaires sur l’ensemble des contributions.
L’invitation qui émane de la rédaction des Cahiers est, par certains côtés, redoutable : au nom de quoi commenter des articles et contributions venant d’acteurs éclairés des évolutions contemporaines du lycée ? Le double parti que retiennent ici les deux auteurs, issu du croisement de leurs compétences, privilégie deux questions :
- la première consiste à écouter les acteurs qui s’expriment ici et à chercher à identifier quelques lignes de force, voire à suggérer quelques termes d’échange et de dialogue entre leurs points de vue ;
- la seconde privilégie une lecture plus « extérieure » des évolutions du lycée français en 2011, en se demandant si, par hasard, ses acteurs, même les plus volontaires, n’éprouvent pas en certains cas une relative difficulté à se distancier d’un microclimat et de schémas français, trop français, devenus inconscients, et qui mériteraient peut-être aussi la remise en cause.
Car nous faisons l’hypothèse qu’il n’y a pas que ce dossier qui soit à lire, que le lycée lui-même a sa syntaxe, ses mots, ses acteurs, ses lieux communs, son intertexte et ses non-dits.
On a suffisamment l’habitude en France, et dans le domaine de l’éducation, de rencontrer des oppositions frontales à des réformes, pour qu’il ne soit d’abord pas rassurant de constater que ce n’est pas ce qui ressort de la lecture de ce qu’expriment ici tous ceux qui, pourtant diversifiés, traitent des évolutions des enseignements en lycée en cours en France en 2011.
Certains sont enthousiastes, d’autres impatients devant la difficulté à changer le cours des choses, comme Françoise Colsaet, d’autres inquiets devant l’essoufflement possible, comme Daniel Galy. D’autres encore rappellent « qu’ils n’avaient pas attendu » et que tout cela était au fond en gestation.
La première impression qui ressort de la lecture du dossier est donc celle d’un volontarisme considérable des acteurs, d’abord de terrain, sur le sujet : même si l’on sait bien que les Cahiers se sont précisément adressés à eux parce qu’ils s’étaient lancés ou se lançaient dans des innovations, cette quête n’eût pas été possible si, aujourd’hui, l’impression n’était pas fréquemment partagée à la fois que le lycée ne fonctionne pas très bien, par rapport à tout ou partie de ce qu’on en attend, mais aussi qu’il y a des choses à tenter pour…