Du droit de l’enfant au respect des droits de l’élève
Une interview de Véronique Bavière qui assure la direction, depuis treize ans, d’une école du quartier de la Goutte d’Or à Paris. Elle témoigne de la pratique de son équipe à l’origine des Ateliers de réflexion réparation qui ont essaimé dans plusieurs écoles (cf. témoignage de Christelle Nayrolles en ligne).
Ma première impression en entrant dans l’école est celle d’une abondance de textes, de mots, de paroles sur les murs, dans le hall parmi les dessins que nous pouvons voir habituellement dans les écoles.
Véronique Bavière m’accueille dans son bureau. J’ai préparé mes questions : qu’en est-il des Ateliers de réflexion réparation ? Quelle origine ? Quelle mise en œuvre ? Quels obstacles ? Quels effets tant sur les élèves que sur les adultes partie prenante du projet ?
Véronique Bavière : Ce que nous avons mis en place au fil des ans est une forme institutionnelle visible et cadrante pour tous et surtout évolutive. Cela met en jeu la vie scolaire à travers les Ateliers de réflexion et de réparation (ARR) et oriente les réponses pédagogiques par l’évaluation partagée des pratiques (EPP), de façon concomitante.
Dans les ARR, il s’agit de redonner aux éducateurs un statut d’adulte référent, garant du cadre protecteur, et de donner ou redonner aux élèves qui transgressent un statut de citoyen en devenir. Nous sommes convaincus de la nécessité de recadrer pour rassurer.
Dans les EPP, par deux, nous tâchons de repérer ce qui facilite l’efficacité de la pratique pédagogique : au moment de la conception, au moment de la mise en œuvre (observation) et au…