Comment ouvrir les portes du passé historique et du monde actuel à tous ?
En juin 2007 est paru un document officiel1 visant à établir des « correspondances » entre les programmes d’histoire-géographie et le socle commun de connaissances et de compétences. Ce texte est révélateur de la difficulté à passer de la logique habituelle des programmes à celle du socle commun, d’une prescription de ce que doivent enseigner les professeurs à la définition d’un minimum que les élèves doivent apprendre.
Les parties intitulées « orientations générales » ainsi que les commentaires des questions au programme fourmillent d’indications sur ce qu’est censé faire l’enseignant : « on centrera l’étude », « chevaliers et paysans sont décrits… », « on présente une société… », etc. C’est dans la continuité de ce que les programmes intitulent « Approches et méthodes », qui précisent bien plus les activités attendues des enseignants que celles des élèves. On peut certes reconnaître à ce texte le mérite de rejeter fermement la conception d’un socle commun composé de « savoirs au rabais » : loin d’opérer une sélection parmi les programmes en vigueur à la recherche de l’essentiel, il en élargit parfois le champ, ajoutant même une liste de 13 repères chronologiques aux 92 que les élèves doivent assimiler tout au long du collège… Reste entier le problème de contextualiser ces repères, de les construire comme des balises qui permettent effectivement de s’orienter dans le passé historique, pour ne pas se limiter à une mémorisation éphémère, pour ne pas se contenter de faire rabâcher quelques dates aux élèves l…