Baccalauréat et recrutement des élites : le porte-à-faux
Aujourd’hui examen sans signification ni enjeu, le baccalauréat est devenu un leurre, tant au niveau de l’évaluation des candidats que de l’égalité, notamment pour l’accès aux études supérieures.S’intéresser au baccalauréat, c’est porter son regard à la fois sur un examen scolaire (la validation des études au lycée), sur un grade de l’enseignement supérieur (puisque selon le droit il est aussi cela, et pas seulement un droit d’accès au supérieur), mais aussi sur une des étapes par lesquelles la société et le monde économique français sélectionnent leurs élites et répartissent les chances d’accéder aux « postes et places » qui s’offrent sur le marché des études et du travail au sens le plus large.
Mais d’où parlons-nous ?
La première surprise de celui qui s’intéresse au baccalauréat est de découvrir que les bibliographies, notamment en provenance de la recherche, sont presque vides. À l’exception de quelques grandes études (dont Edmond Goblot, La barrière et le niveau, 1925) presque séculaires, de travaux s’intéressant à un aspect isolé (une discipline, une épreuve) et de travaux, notamment autour de la relation formation-emploi, sur le baccalauréat professionnel, très peu de thèses se sont depuis quinze ans intéressées à cet objet. Alors que les niveaux de l’instruction obligatoire (école primaire, collège, socle commun) ont été considérés sous beaucoup d’angles, par plusieurs des disciplines constituant les sciences de l’éducation, le lycée a été délaissé par la recherche.
Allons plus loin : à la différence de ce que nous voyons dans d’autres pays, une session de baccalauréat qui se termine ne fait pas l’objet d’un rapport sur sa qualité ou sur des évolutions des acquis des élèves qu’elle aurait permis de détecter, en dehors de la publication statistique des résultats…