À la recherche de l’essentiel
Quand on aborde le travail par compétences, on a souvent tendance à multiplier les items à évaluer, au risque de s’y noyer. Ce qui peut faire changer effectivement les pratiques avec les élèves serait donc plutôt de se centrer sur leur petit nombre de compétences, au sens fort du mot.
Quel intérêt un élève peut-il trouver à apprendre une date, un personnage, une carte ? Il trouve tout sur son téléphone. Mais comment peut-il être certain que son information est bonne ? Ses sources sont-elles sérieuses ? Comment faire le lien, donner du sens ? Il devient capital pour notre discipline de se positionner clairement dans la construction du savoir et pas seulement dans son acquisition. Le travail par compétences permet de redonner une plus grande place aux savoir-faire et aux attitudes de l’élève par rapport au savoir brut.
J’ai abordé le travail par compétences pendant l’été 2010, par la réalisation de ce que je croyais être une grille de compétences, en reprenant à ma façon le livret de compétences officiel. J’ai abouti à une grille (dont j’étais très fier !) de cinquante-et-une compétences. J’ai travaillé un trimestre avec cet outil, dont je n’ai utilisé dans les faits vraiment qu’une dizaine de compétences. Les élèves étaient quelque peu noyés par cette liste. Au deuxième trimestre, leur bonne volonté s’étant émoussée, la grille était de moins en moins bien renseignée. Devant l’obligation de valider le livret pour nos élèves de 3e, je me suis plongé dans la littérature sur le sujet : j’ai compris que j’avais fait fausse route et que ma grille n’était pas une grille de compétences, mais une liste de critères d’évaluation. J’avais échappé à la liste de connaissances, mais pas au reste ! J’ai donc repris mon travail avec mes collègues d’histoire-g…