La différenciation au temps du confinement
Ces témoignages sont issus du très dur épisode du confinement et de la fermeture des écoles de mars à mai 2020. Une épreuve qui oblige à prendre du recul par rapport aux habitudes et à réfléchir sur la manière de traiter les différences, qui sont souvent ici des inégalités.
De nombreux enseignants ont raconté leur expérience de la « continuité pédagogique » qui n’est en aucun cas « l’école à la maison ». Nous reprenons ici quelques propos de membres du CRAP-Cahiers pédagogiques.
Jeanne-Claude Mori enseigne en maternelle en Alsace. La situation, très tendue dans sa région, a renforcé ses convictions en matière pédagogique et notamment la volonté de bien prendre en compte les différences entre élèves, puisqu’elle a un public très diversifié, enfants de cadres, de familles allophones ou en grande difficulté sociale. Tous ne disposent pas des conditions pour assurer la fameuse « continuité » et ne possèdent pas les codes. Aussi a-t-elle cherché à joindre les familles très rapidement. Extraits d’un courrier qu’elle leur a adressé :
« Le simple fait d’associer votre enfant à vos activités de la vie quotidienne est déjà un bon début pour assurer cette continuité pédagogique. Par exemple, lui faire couper des légumes permet de développer sa motricité fine, mettre la table lui permet de se repérer dans l’espace mais aussi de compter (le nombre de couverts et d’assiettes, etc.) et d’apprendre à contribuer au vivre ens…