Les apports de Jean-Pierre Astolfi

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Nous aurions volontiers repris des articles de Jean-Pierre Astolfi qui a apporté beaucoup à la réflexion sur la différenciation, sur les risques de dérive, sur la nécessaire clarification de l’articulation entre modes de travail et contenus. Mais nous avons récemment publié un hors-série autour de son œuvre dans les Cahiers et nous renvoyons donc à celui-ci.

Une partie est consacrée à « Différencier », avec quatre textes :

– « Questions de vocabulaire » : un article éclairant pour distinguer « différenciation successive » et « simultanée » notamment ;

– « Comment différencier sans réviser les contenus à la baisse ? » : le titre indique bien l’intention. Des pistes pour éviter le cours à deux vitesses et le nivèlement par le bas ;

– « Les groupes d’apprentissage : Jean-Pierre Astolfi remet en cause l’unicité « du » travail de groupes. Là encore, il faut varier en fonction de l’objectif : recherche, évaluation, production commune, entraide, etc. ;

– « Comment différencier par les “modes de pensée” » : Les cours peuvent marcher à des régimes différents, selon qu’on fonctionne sur un mode déductif, inductif, analogique ou dialectique.

Rappelons aussi un texte coécrit avec Florence Castincaud, « Les 3 J de la pédagogie différenciée », où Jean-Pierre Astolfi reprenait un dispositif de formation expérimenté lors de Rencontres d’été du CRAP. Il y développe le « modèle du sablier » : l’enseignant travaille en amont à décanter le contenu de son cours pour le resserrer sur un ou deux concepts clés, et déployer ensuite une grande variété pédagogique pour faire accéder les élèves à ces concepts. L’exemple développé par les auteurs de l’article est celui de mai 68 : qu’est-ce qui est vraiment essentiel dans l’évènement et qu’on va pouvoir ensuite approcher peu à peu par des itinéraires divers et des dispositifs variés ? Lors d’une formation à la pédagogie différenciée, il est bien intéressant de se référer à ce modèle de construction de séquences pédagogiques, du décantage convergent à la créativité divergente.

Extrait de ce texte, paru dans le numéro spécial « Différencier la pédagogie » (1987, épuisé)

« Il faut décanter le contenu des disciplines, séparer l’essentiel de l’accessoire, pour mieux savoir ce qu’on enseigne. On augmente alors les chances de faire porter son effort sur les points qui en valent la peine, au lieu de se disperser dans une multitude de choses, toutes présentées sur le même plan.

Un contenu avec ses concepts clés étant choisi, il s’agit maintenant de s’habituer à diversifier les situations d’apprentissage possibles. On cherche ici à se donner le plus d’idées possible, on s’entraine à imaginer d’autres situations, d’autres supports que ceux auxquels chacun songe spontanément et auxquels il revient toujours presque malgré lui.

Alors que la première partie du travail était très convergente et réductrice, avec tout ce que cela peut induire comme frustration, la seconde devient divergente et créative. Il faut simplement éviter à ce stade de s’embourber trop vite dans les problèmes pratiques, dans la cuisine pédagogique. Ce qui compte, c’est d’abord d’aboutir à un tableau des possibles à partir duquel on pourra faire des choix, prendre des décisions didactiques. »

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