Laissez faire les contes !
Les contes, trop souvent cantonnés à Perrault et Grimm, popularisés mais parfois malmenés, offrent des ressources surprenantes quand on n’oublie pas leur nature première : l’oralité. De plus en plus d’enseignants prennent en compte cette dimension, avec succès.2006, Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane française. Ma première rencontre avec Suzy Platiel, ethnolinguiste africaniste, chercheuse au CNRS. Thème de la formation (quatre jours suivis, une aubaine !) : « Le conte, outil d’éducation ». Étant jeune enseignant, l’art de la narratologie est encore tout frais dans ma tête et je me tiens prêt à recueillir nombre de techniques pour étudier avec mes élèves de 6e ou 5e les rudiments de l’analyse de texte.
Je tombe des nues en découvrant que toute mon approche universitaire me mène à une impasse. Je n’avais tout simplement pas compris que le conte est avant tout un genre oral fondé sur le plaisir implicite de la transmission et de l’appropriation