Depuis le temps… Le transport immobilise

Publié le Lecture : 12 min Par Yannick Mével

Décembre 2015. « Je chante pour du pain, je chante pour de l’eau. Je couche la nuit sur l’herbe des bois. Les mouches ne me piquent pas. Je suis heureux, j’ai tout et j’ai rien. Je chante sur mon chemin. » Ce n’est pas l’interprétation de Charles Trenet mais celle de Mika qui passe en boucle à la télévision, au service d’un clip publicitaire pour le TGV. Ce joyeux détournement pop était censé donner des envies d’ailleurs, de liberté, de vitesse, de musique sur les rails, comme la chanson de Trenet était censée parler de liberté sur le chemin. Sortir, voyager, prendre la route et inventer sa vie en donnant le pouvoir à l’imagination voilà un programme (qui n’a rien de scolaire) qui plaçait un acte de consommation utilitaire sous le signe d’une utopie libertaire en ne lésinant pas, chemin faisant, sur le contresens. Ainsi, la chute de la chanson de Trenet (absente du clip évidement) évoquait une fin de voyage que la SNCF ne souhaitait sans doute pas nous promettre ! Mais je m’emballe, il n’y a là, après tout, q…

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