Une jolie fleur

Publié le Lecture : 11 min Par Yannick Mével

Février 1968. Tout le monde fredonne Jacques Dutronc : « Les camions sont pleins de lait, les balayeurs sont pleins de balais, les travestis vont se raser, les stripteaseuses sont rhabillées, les cafés nettoient leurs glaces, les boulangers font des bâtards, les journaux sont imprimés, les ouvriers sont déprimés… il est cinq heures… » Le succès est dû au moins autant à la jolie improvisation du flutiste Roger Bourdin qu’aux paroles inspirées d’un poème de 1802 de Marc-Antoine-Madeleine Desaugiers. Celui-ci, déjà, faisait l’éloge des petits métiers parisiens. Trois mois plus tard, Jacques Le Glou détourne le tube : « Après Paris, le monde entier, les ouvriers, sans dieu, sans maitre, autogestionnent la cité, il est cinq heures, le nouveau monde s’éveille. » Ce n’est plus d’une nostalgie charmante des petits métiers qu’il s’agit, mais bien de la révolte des travailleurs soumis aux cadences infernales et à la domination sociale. Le dossier des Cahiers pédagogiques de ce mois de février s’intitule « L’enseignement p…

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