Regarder autrement le territoire
Concevoir l’imaginaire comme constitutif de notre rapport au monde, c’est ouvrir le champ de la géographie. En quoi l’imaginaire à l’œuvre dans les démarches des artistes vient-il nourrir la réflexion du géographe ?Le Trésor de la langue française définit l’imagination comme la « faculté de former, de créer des images d’objets non perçus ou d’objets irréels, de faire des combinaisons nouvelles d’images ». L’imaginaire en serait son résultat, car il semble « créé par l’imagination » et « n’a d’existence que dans l’imagination ». Imagination et imaginaire sont donc amalgamés à l’univers du rêve, des mythes, des chimères et des fantasmes. Pourtant, les philosophes (Gaston Bachelard, Jean-Marie Durand, Cornélius Castoriadis) et les psychologues ont montré, les premiers, le rôle majeur de ces deux processus dans le fonctionnement cognitif des individus et dans celui de nos sociétés.
Avec le développement de la géographie culturelle et d’une lecture subjective des relations que chaque homme entretient avec les lieux et l’espace géographique, l’imaginaire est montré comme un élément fondamental pour comprendre la construction de l’espace. Il peut alors être défini comme un « processus de recomposition, de recréation du monde par l’intermédiaire d’images, de symboles, de signes, de formes, de représentations qui assurent aux sociétés, à l’individu, a…