Portrait : Fatiha Tali

©DR
Son père est venu en France à quatorze ans, à la fin des années 50, recruté dans son village pour fournir de la main d’œuvre. Plus tard, il s’est marié en Algérie et sa famille est restée là-bas jusqu’au début des années 80. Jusque-là, comme pour tant d’autres travailleurs immigrés, la vie se dessinait en pointillés des deux côtés des rives de la Méditerranée. « Je suis arrivée à Lyon à six ans et demi depuis mon village, un port de pêche de mille habitants. Je me suis sentie perdue dans un environnement, une langue que je ne comprenais pas, des nouveaux codes comportementaux, un nouveau décorum dans une société où j’étais en immersion. C’était à la fois angoissant, plein d’imprévus et d’aventures. »
Elle se souvient du sentiment de déracinement, de la vitesse à laq…