Par groupes et par écrit
L’idée du débat est associée à celle de l’oral. Pourtant, dans de nombreuses sphères de la société, des débats parfois très virulents ont lieu à l’écrit. Si on transposait cela en classe ?Si l’on se réfère aux dernières instructions officielles (IO) (2018) du cycle 2 au lycée, le débat est inexistant en tant que modalité d’enseignement du temps ou de l’histoire. Il constitue, à l’inverse, une modalité dominante en EMC (enseignement moral et civique). On trouve cependant dans ces instructions la nécessité de former les élèves à l’argumentation, dès le cycle 2 (dans le domaine 2 du socle, à propos des enseignements « Questionner le monde ») et tout le long de la scolarité, formation couronnée au lycée par une rubrique intitulée « construire une argumentation historique ». Il est frappant pourtant de relever que cette présence systématique de la compétence argumentative en histoire ne fait pas l’objet d’un curriculum en tant que tel : la forme scolaire l’emporte ici comme ailleurs, pour laisser penser qu’il suffit pendant des années d’entrainer les élèves à argumenter, quelle que soit l’organisation de l’entrainement, pour qu’à la fin ils sachent le faire.
Ces constats sur les IO ne disent cependant rien des réalités de la classe d’histoire, même si on peut penser que le débat y reste marginal, comme le constataient déjà Nicole Allieu-Mary et Nicole Tutiaux-Guillon dans le numéro de février 2002 des Cahiers pédagogiques1.Et par ailleurs, ils méritent d’être appréhendés en prenant de la distance avec les discours institutionnels et professionnels. Cet article propose de le faire en resituant les enjeux logiques et pratiques du débat et de l’argumentation, en les insérant ensuite dans une perspective didactique, pour enfin les confronter à une étude de cas qui les questionne.
La dualité pointée précédemment entre histoire et EMC dans les IO à propos du débat peut être interprétée comme la séparation des savoirs e…