Le droit de ne pas lire
Et si certains préjugés d’adultes étaient des obstacles dans l’accès des enfants à la lecture ? Un propos provocateur de libraire à partir de son poste d’observation : sa librairie.Bien souvent nous faisons les choses à l’envers pour transmettre la littérature, quelle qu’elle soit, aux plus jeunes. Or, le métier de libraire m’a donné une leçon importante. Dans la plupart des cas, mon rôle consiste à proposer avec un enthousiasme débordant le dernier roman qui m’a tenu éveillé la nuit, ayant fait chavirer mon cœur ou m’ayant ouvert des perspectives passionnantes sur le monde. Quand ça marche et que je vois repartir mes lecteurs avec mon nouveau livre préféré, je suis l’homme le plus heureux du monde ! Enfin, pas tout à fait. Je suis encore plus heureux lorsque je vois ces lecteurs revenir et que je lis dans leur regard cette immense gratitude. Comme si j’étais moi-même l’auteur du livre et que je l’avais écrit pour eux.
Pourtant, je pense à cette petite fille dont la maman se désolait qu’elle n’aimât pas lire et qui vient désormais chercher chaque tome d’Élisabeth, princesse à Versai…