Le devoir d’hospitalité

Publié le Lecture : 13 min

Comment envisager le bienêtre scolaire sans nier les efforts à fournir pour accéder aux savoirs ? La question de l’hospitalité, c’est-à-dire accueillir l’élève de manière inconditionnelle et lui faire une place au sein de l’espace commun, nous aide à penser ce bienêtre spécifique.

Dans nos sociétés contemporaines, le bienêtre des enfants, saisis dans leurs différents contextes de vie, constitue un sujet de préoccupation important, et notamment auprès des pouvoirs publics et des organisations internationales. Loin d’être un sujet nouveau ou à la mode, ce bienêtre infantile s’inscrit dans une évolution sociohistorique qui a connu une certaine accélération au cours du XXe siècle. Dans les soubresauts de 1968, l’imaginaire social avait produit un « enfant roi », qui parfois se révélait « enfant tyran ». Puis les années 1990, s’ajustant aux convulsions identitaires, familiales et éducatives de l’époque, ont fourni leurs contingents d’« enfant au centre ». Aujourd’hui, à force de psychologie positive et de pédagogies alternatives, c’est un « enfant libre et heureux » qui est exigé. Libre et heureux, selon l’hypothèse majoritairement avancée mais non démontrée, que les deux qualificatifs entretiennent une relation de causalité.

Il faut reconnaitre que l’ère du bienêtre a débuté depuis maintenant quelques années, et que l’école ne peut guère échapper à cette injonc…

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