Le bruit des os qui craquent

Loin d’un didactisme pontifiant, le théâtre pour la jeunesse pose des questions sur la vie et le monde, sans pour autant tomber dans le bon sentiment ou l’infantile. On aurait tort de se priver du potentiel qu’il offre.
À l’instar du théâtre contemporain adulte, le théâtre pour la jeunesse présente une belle qualité de textes. Il se caractérise par une dimension imaginaire et poétique qui s’adresse à la sensibilité de chacun tout autant qu’à son intellect. Tous les sujets sont abordés, de la maladie à la guerre, de la construction d’une relation amicale ou amoureuse au comique de situations décalées. Ainsi, Suzanne Lebeau, par exemple, propose-t-elle dans Le Bruit des os qui craquent, une pièce autour des enfants soldats sans tomber dans le pathos, en évoquant les horreurs à travers plusieurs points de vue : celui des personnages, Elikia et Joseph, deux enfants soldats, qui dialoguent entre eux, celui des deux mêmes enfants qui parlent au public dans des récits, celui de l’infirmière qui les a recueillis et des citations du cahier dans lequel Elikia s’est confiée. Karin Serres, elle, pose dans Mongol la question de la différence et de la construction de l’identité. En adoptant le point de vue du Ludovic, le personnage principal, et en nous faisant partager ses raisonnements, elle pose la question de la différence et crée, du même coup, des situations comiques et non moqueuses.
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