Laisser advenir la pensée
Déroulé d’un projet basé sur la pratique de la discussion philosophique avec des élèves de 2de bac pro : les changements en classe sont bien visibles.Et si on philosophait ?
À la rentrée 2013, je me demande ce que je vais proposer aux élèves de 2de bac pro, le vendredi de 16 à 17 h, après trois heures d’EPS. Cette heure par quinzaine semble d’emblée perdue.
Après réflexion, je soumets aux élèves l’idée d’organiser des débats philosophiques autour de thèmes liés à leurs préoccupations, au programme, à l’actualité, etc. Les réactions oscillent entre rires jaunes, haussements d’épaules, découragement et mines réjouies.
Je leur montre un extrait du documentaire Ce n’est qu’un début. Une professeure des écoles organise en moyenne et grande sections des débats philosophiques. Les élèves sont étonnés de la vivacité de ces tout-petits et prennent confiance. Nous définissons le mot « philosophie », ce qui lève les dernières réticences. Certains voient dans cette heure oralisée l’occasion de ne pas travailler !
La première séance pose le cadre. Je laisse les élèves en discuter. Il est décidé que je choisirai les premiers sujets. Les chaises sont placées en cercle. La parole doit être bien gérée. Je propose un bâton de parole qui autorise seulement celui qui le détient à parler. Le langage devra être correct. L’écoute sera privilégiée, la parole respectée. Je propose un médiateur qui veille au respect des règles et du sujet traité. Personne ne semble intéressé : je serai médiatrice.
Certains transgressent systématiquement les limites, tandis que d’autres s’y conforment avec application. Je propose comme thème : « La loi nous empê…