« Il faudrait donner du temps aux enfants », entretien avec Pascale Garnier
De la France jusqu’en Norvège, les recherches sur l’éducation de la petite enfance de Pascale Garnier, professeure des universités en sciences de l’éducation à l’université Sorbonne Paris-Nord, montrent les différences entre les systèmes et soulignent les leurres d’une forme scolaire précoce.À la différence de nombreux pays, notamment scandinaves, le système d’éducation des jeunes enfants en France est divisé en deux avec d’un côté la petite enfance, de 0 à 3 ans, et de l’autre la scolarisation en école maternelle. Or, on voit se dessiner depuis de nombreuses années une empreinte plus forte de la forme scolaire sur la maternelle. « Elle a toujours été une école avec un programme d’enseignement, mais il y a eu une évolution jusqu’aux années 1980 pour en faire une maternelle avec des spécificités sous l’impulsion de plusieurs inspectrices générales. » Avec l’instruction obligatoire dès 3 ans, instaurée par la loi dite « Pour une école de la confiance » en 2019, et l’obligation scolaire en 2021, ces spécificités s’amoindrissent encore, voire disparaissent. « Ce qui se joue c’est une scolarisation d’emblée des jeunes enfants avec une forme scolaire qui insiste de plus en plus sur des apprentissages scolaires, objectivés. »
Pascale Garnier cite comme exemple typique l’enseignement lié à la langue f…