« Il faudrait donner du temps aux enfants », entretien avec Pascale Garnier

Publié le Lecture : 14 min Par Monique Royer
De la France jusqu’en Norvège, les recherches sur l’éducation de la petite enfance de Pascale Garnier, professeure des universités en sciences de l’éducation à l’université Sorbonne Paris-Nord, montrent les différences entre les systèmes et soulignent les leurres d’une forme scolaire précoce.

À la différence de nombreux pays, notamment scandinaves, le système d’éducation des jeunes enfants en France est divisé en deux avec d’un côté la petite enfance, de 0 à 3 ans, et de l’autre la scolarisation en école maternelle. Or, on voit se dessiner depuis de nombreuses années une empreinte plus forte de la forme scolaire sur la maternelle. « Elle a toujours été une école avec un programme d’enseignement, mais il y a eu une évolution jusqu’aux années 1980 pour en faire une maternelle avec des spécificités sous l’impulsion de plusieurs inspectrices générales. » Avec l’instruction obligatoire dès 3 ans, instaurée par la loi dite « Pour une école de la confiance » en 2019, et l’obligation scolaire en 2021, ces spécificités s’amoindrissent encore, voire disparaissent. « Ce qui se joue c’est une scolarisation d’emblée des jeunes enfants avec une forme scolaire qui insiste de plus en plus sur des apprentissages scolaires, objectivés. »

L’exemple du langage

Pascale Garnier cite comme exemple typique l’enseignement lié à la langue f…

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