École anxieuse en quête de sécurité

Publié le Lecture : 16 min

Comment l’école se positionne pour assurer la sécurité physique et psychique des élèves en évitant le double écueil de l’école ashram ou de l’école prison ? À partir de leurs observations, les auteurs proposent une grille de lecture pour analyser la relation éducative enseignant-élève. Et vous, vous êtes plutôt paternaliste, convivialiste ou dialogiste ?

« Bien être pour bien apprendre » : voilà le slogan d’une école positive (Positive School), où tout se passe au mieux tant que les élèves se sentent « maitres d’eux-mêmes, épanouis, heureux ». Mais la paix intérieure est-elle toujours la condition de l’apprentissage ou peut-elle parfois le contrarier ? D’un côté, l’institution scolaire fut créée pour protéger les enfants des aléas et des dangers de l’éducation sur le tas : elle ne peut les former qu’en assurant leur sécurité physique et psychique, celle qu’il leur faut pour passer sereinement de l’ignorance à la connaissance, de l’innocence à la conscience. Ce postulat peut militer pour faire de chaque salle de classe un asile, un cocon, un sanctuaire, bref, un havre de candeur et de jouvence inaltéré. Mais à trop se barricader, le refuge ne risque-t-il pas d’enfermer celles et ceux qu’il prétend libérer ? Si la félicité devient une norme imposée, interdira-t-on les contraintes, les sanctions, tout ce qui pourrait produire une frustration ?

Stress des évaluations

Comme en toute chose, de l’abus d’un bien peut venir un mal clandestin : bien être peut alors prendre le pas sur bien apprendre, paradoxe transformant la skholè en sanatorium ou en ashram, doubles inversés de l’école prison ou de l’école caserne souvent dénoncées par les pédagogie…

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