Des mots pleins la bouche

Publié le Lecture : 16 min
Découvrir ce qu’est la traduction littéraire en travaillant à plusieurs à « s’entendre parler », pour être fidèle aux effets de la musique des mots dans le passage d’une langue à l’autre.

La traduction à l’école : vagues évocations de thèmes et de versions, ânonnement de verbes irréguliers ; l’exercice sonne technique, froid, compliqué. Moins un point pour un calque, moins deux pour une sous-traduction : implicitement, les jeunes apprenants d’une autre langue comprennent que la traduction, c’est un processus quasi mathématique générant des équivalences parfaites lorsque l’équation est correctement résolue.

Évidemment, dans la réalité, la traduction littéraire, c’est tout autre chose : plus alchimie que science, plus entreprise d’interprétation que recherche d’équivalence, c’est un travail de langue mais surtout de littérature. Umberto Eco l’appelle « dire presque la même chose ». Tout est dans ce « presque », dans les risques et les questions qu’il appelle. Ces risques et ces questions-là, quand on les amène réellement à l’école (en acceptant que personne n’a la bonne réponse), alors on expose les enfants à un riche travail d’écriture et de création littéraire, en plus de l’ouverture à une autre langue.

Contrairement aux ateliers d’écriture créative, les ateliers de traduction littéraire sont une invention récente, pratiquée de multiples manières, très peu décrite, encore moins théorisée.

En Grande-Br…

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Publié le 30 octobre 2026 Par Michel Tozzi 10 min

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