À qui pensent les auteurs jeunesse ?
Nous avons demandé à cinq auteurs de livres jeunesse, fiction ou documentaire, s’ils pensaient à leurs lecteurs lorsqu’ils écrivaient. Des réponses stimulantes qui pourraient être utilisées en classe pour faire réfléchir sur l’importance d’avoir « des lecteurs dans sa tête » quand on écrit
Bernard Friot : une figure floue, plus ou moins consciente
Pense-t-on à son lecteur quand on écrit ? La réponse dépend de comment on comprend « quand on écrit ». Où commence l’écriture d’un texte ? Le plus souvent, bien avant de taper sur le clavier de l’ordinateur ou de griffonner sur un carnet. Il y a tout un travail de préparation qui comprend aussi la destination du texte et son destinataire, que cette adresse soit consciente ou non. Déjà, là, le lecteur peut-être présent, figure floue, sans doute, à moins qu’on destine le texte à un lecteur précis, ce qui arrive moins rarement qu’on ne pense. Au moment même de l’écriture, sur le clavier ou le cahier, l’esprit est concentré sur l’histoire, la trame, la logique, les agencements, la construction, la tonalité, les mots, le rythme, sans oublier les règles grammaticales et orthographiques, tant de contraintes, de microdécisions à prendre qui demandent une concentration telle qu’on a, forcément, l’impression que le lecteur est absent. Mais il y a toujours des moments, par exemple sur le choix d’un mot ou d’une tournure, où un système d’alerte se déclenche : n’est-ce pas trop difficile à comprendre par…