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Rythmes scolaires

Pour apprendre, tous les temps sont nécessaires !

Communiqué de presse du CAPE

5 juin 2017

Au terme de trois années de réflexion, de concertation, à l’initiative du ministre de l’Éducation nationale Luc Châtel, poursuivies par son successeur Vincent Peillon, le code de l’éducation rétablissait, en début d’année 2013, une semaine scolaire de neuf demi-journées réparties sur cinq jours.

Cette nouvelle organisation revenait sur la semaine de quatre jours instituée en 2008, sans concertation ni fondements éducatifs, la France étant le seul pays de l’OCDE à concentrer les apprentissages scolaires sur un nombre de journées aussi réduit. Rétablir cinq matinées sur cinq jours, c’était prendre en compte les recommandations de l’Académie de médecine du 19 janvier 2010, celles du rapport de la conférence nationale de janvier 2011, celles de la mission parlementaire présidée par Michèle Tabarot en 2010 également, mais aussi l’expression majoritaire des enseignants sur les mauvaises conditions d’apprentissage provoquées par la disparition d’une matinée de temps scolaire et les propositions de l’appel de Bobigny lancé par plus de quatre-vingt associations et organisations nationales et 120 villes et collectivités.

Ainsi, donner la possibilité de revenir à quatre jours d’école reviendrait à ne pas prendre en compte les données scientifiques de la chronobiologie qui sont les mêmes pour un enfant, où qu’il vive.

De plus, en lien à la nouvelle organisation des temps scolaires, les collectivités ont répondu, à plus de 90 %, à l’incitation qui leur était faite de mettre en place des temps d’activités périscolaires coordonnés dans les projets éducatifs de territoires pour plus de cohérence : quatre millions d’enfants en bénéficient chaque semaine.

Modifier une nouvelle fois l’organisation des temps scolaires, périscolaires et extrascolaires, c’est ne pas reconnaître le rôle et la contribution des collectivités territoriales, des associations et des parents eux-mêmes aux politiques éducatives de notre pays, à un moment où l’éducation demande la mobilisation et la coopération de tous les acteurs.

L’éducation a besoin de temps longs. Les enfants ont besoin de tous les temps pour apprendre : à l’école, en famille et dans les temps d’accueils et d’activités qui élargissent leur culture et contribuent à leur socialisation.

C’est un investissement essentiel pour que les enfants aient confiance en eux, dans les autres et dans les cadres collectifs et communs.

Pour cela, scolaires, périscolaires et extrascolaires, tous les temps sont nécessaires.

Monsieur le Ministre, les enfants ont besoin de bons temps pour apprendre !

Le 2 juin 2017

A lire également sur notre site :
Sur l’air d’un pas en avant, trois pas en arrière
Par François Testu

Le CAPE rassemble des associations complémentaires de l’École, des mouvements pédagogiques, d’éducation populaire, qui situent leurs actions avec, dans et autour de l’École.

*Signataires : AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville), AFL (Association française pour la lecture), ATD Quart Monde, Ceméa (Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active), CNFR (Confédération nationale des foyers ruraux), le CRAP-Cahiers pédagogiques (Cercle de recherche et d’action pédagogiques), DDEN (Fédération des délégués départementaux de l’Éducation nationale), Éclaireuses et éclaireurs de France, École changer de cap, E&D (Éducation & Devenir), FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), Fédération des AROEVEN (Association régionale des œuvres éducatives et de vacances de l’Éducation nationale), FESPI (Fédération des établissements scolaires publics innovants), FFPU (Fédération française pour l’UNESCO), Fédération générale des PEP (Pupilles de l’enseignement public), Fédération Léo Lagrange, Fédération nationale des CMR (Centres musicaux ruraux), FNEPE (Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs), Fédération nationale des Francas, GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle), Ligue de l’enseignement, Mouvement français pour le planning familial, Mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs (association Foresco), OCCE (Office central de la coopération à l’école), Peuple et Culture.


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