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Dictionnaire de l’école primaire

Eve Leleu-Galland, Nathan, 2016.

30 mai 2016

L’auteure est connue pour ses travaux sur l’école maternelle (sujet sur lequel elle a co-écrit un dictionnaire équivalent) et est à la fois inspectrice et formatrice. Autant dire qu’elle a une grande connaissance du terrain, mais aussi des besoins des professeurs des écoles à qui est principalement destiné ce livre. Il ne s’agit pas ici d’un simple guide technique, pour enseignants débutants qui ouvriraient l’accès aux textes-clés qui régissent l’école primaire. Mais bien d’un tour d’horizon des questions qui se posent dès lors qu’on a pour ambition de faire réussir les enfants dans leurs apprentissages. Il suffit d’énumérer quelques entrées de ce «  dictionnaire  » pour s’en convaincre : compétence, projet, situation-problème, socle… A côté de «  autorité  », «  programmes  » ou «  punitions  » plus traditionnels, voire le plus «  trivial  » (mais cela n’a rien de péjoratif ici) : «  cartable  » ou «  protection  ». Sans oublier des thèmes très actuels : «  pédagogie inversée  », «  ENT  » «  PISA  » ou encore «  Laïcité  ».

Chaque entrée est déclinée en une double page. Donnons un exemple : celui de innovation. On nous donne le contexte d’utilisation de cette notion, son actualité, puis trois rubriques (droit à l’expérimentation, différents axes d’innovation, avec un schéma à l’appui, et l’explicitation de ce qu’est un APP : action pédagogique pilote), puis un éclairage : zoom sur un projet innovant, une citation (ici de Meirieu) et deux renvois biblio-sitographiques. C’est toujours clair, étayé par une solide culture didactico-pédagogique, et jamais énoncé avec dogmatisme (les débats sont pointés, les textes officiels sont davantage des points d’appui que des injonctions autoritaires).

Bien entendu, comme toujours, on peut regretter des absences : écriture, orthographe (qui auraient mérité une entrée à part, et non pas noyée dans «  langage  ») ou neurosciences (même si la thématique apparait ça et là avec l’entrée «  mémoire  » et même une double page dédiée au verbe «  apprendre  » pour l’opposer à «  enseigner  ». Même chose pour «  morale  ». Et un terme à la mode comme «  explicite  » aurait mérité une clarification. Mais tout dictionnaire non exhaustif fait toujours des victimes. D’autant qu’au fil des pages, peu de problèmes qui se posent dans l’’école primaire d’aujourd’hui se trouvent éludés et on apprécie la grande part prise par l’axe pédagogique.

On se permettra de regretter tout de même de ne trouver aucune référence à notre revue, qui l’aurait mérité, non ? Surtout qu’elle s’est résolument élargie à l’école primaire qui n’était pas historiquement dans son champ de départ.

Une originalité bienvenue également de l’ouvrage est la place accordée à la fin à de grands noms de la pédagogie ou de l’éducation au sens large. Cela va de grands ancêtres : Pestalozzi, Rousseau, Durkheim aux grands inspirateurs des pédagogies actuelles : Freinet, mais aussi Meirieu ou Fayol. Sans oublier des psychologues, de Piaget et Vigotski au plus récent : Olivier Houdé. Des pages pratiques (historique du système éducatif, biblio, index) complètent ce livre de 226 pages qui est vendu à un prix très abordable, ce qui est important en l’occurrence.

Jean-Michel Zakhartchouk