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La chronique d’é.l@b du numéro 509, « Ce qui fait changer un établissement »

140 caractères

Stéphanie Fontdecaba

Les twittclasses se développent, puisque l’on en compte plus de 300 en France. Dans ces classes, Twitter est utilisé pour faire écrire, pour diffuser de l’information, pour correspondre avec d’autres twittclasses. Le réseau de ces classes s’organise, le travail également.

Contactée par mon inspecteur de l’Éducation nationale en juin dernier pour répondre à l’appel à projets innovants du Cardie (Conseil académique en recherche-développement, innovation et expérimentation), j’ai rédigé un projet au sujet de l’utilisation du réseau social Twitter en classe de maternelle-CP. Au cours de ce travail, je me suis rendu compte que, comme dans n’importe quel projet de correspondance scolaire, il fallait que je m’assure des interactions avec les autres classes pour que certains projets d’écriture fonctionnent.

J’ai alors lancé, sur Twitter, et à tout hasard, l’idée de mettre en place un twittconseil des maitres de twittclasses, dont le but serait de se reconnaitre et de planifier un minimum les projets d’écriture. À ma grande surprise, les réponses positives ont été très nombreuses. En effet, certains enseignants, comme moi, éprouvaient quelques difficultés dans leur utilisation de Twitter en classe : lancement d’un projet qui ne trouve pas son public et ne génère aucune interaction, et donc, beaucoup de frustration de la part des élèves et de l’enseignant ; participation à un projet par l’intermédiaire d’une balise (mot clé cliquable qui permet de trier du contenu), sans réelle anticipation des minimas requis pour les élèves ; profusion de projets à certains moments de l’année, etc.

Certes, l’intérêt de ce réseau social est dans la spontanéité et l’imprévu, mais nombre d’entre nous ont besoin de baliser le chemin à faire parcourir aux élèves. C’est ce que nous avons tenté de faire un soir, fin aout dernier. Durant plus d’une heure, une trentaine d’enseignants francophones (de la Réunion au Québec, en passant par la Belgique, la Suisse et la France) de la maternelle au secondaire, ont échangé sur leurs attentes, leurs difficultés, leurs projets pour l’année à venir. Ils ont fait connaissance, ont amorcé des discussions, ont échangé des idées et planifié certains projets d’écriture pour la première période scolaire française. L’un d’entre eux a édité un tableur qui récapitule les projets et où chacun peut s’ajouter s’il veut participer.

Certains projets d’écriture sont axés sur les mathématiques, comme #geometwitt dans lequel on échange des programmes de constructions géométriques, la conjugaison (si on était #président pour s’approcher du conditionnel), ou la géographie avec #paquebotendétresse, dans lequel on demande à l’autre classe de localiser par une latitude et une longitude des bateaux dans le monde. Ces projets-là ne sont suivis que par des twittclasses de cycle 3 ou de collège. D’autres, plus humoristiques ou artistiques, sont accessibles dès le CP (#objetsamoureux, #jaimejenaimepas, #petitbonheur). D’autres encore, plus transversaux, sont ouverts de la maternelle au secondaire. C’est le cas du projet #dansmonécole. Pour les classes participantes, il s’agit, dans un premier temps, de prendre en photo des lieux de l’école et d’en indiquer le nom et la fonction. Dans un second temps, des objets sont photographiés, puis la classe demande à ses abonnés de deviner de quelle pièce de l’école provient l’objet.

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