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Réforme du brevet : le grand bond en arrière
Dans la lignée du « choc des savoirs » lancé par Gabriel Attal, les textes réformant le diplôme national du brevet pour la session 2026 – dont le dernier vient d’être publié par le ministère de l’Éducation nationale – marquent une nette régression par rapport à l’existant.
L’évolution la plus notable est la disparition de l’évaluation des compétences du socle commun. En apparence, l’architecture du diplôme reste la même, avec une part d’épreuves terminales et une part de « contrôle continu ». Jusque-là, cette dernière partie reposait sur un bilan des compétences en fin de cycle. Elle consistera désormais en une simple moyenne des moyennes par discipline de l’année de 3e, faisant compenser les difficultés en langue ou en mathématiques par les réussites en français ou en EPS, ou l’inverse.
La mise en place de l’évaluation des compétences du socle avait demandé un gros travail de construction et de réflexion de la part des équipes pédagogiques. Elle avait conduit, dans beaucoup d’établissements, à une évolution des pratiques vers un fonctionnement plus collectif et une évaluation davantage porteuse de sens.
C’est tout ce travail qui est jeté aux orties par la nouvelle architecture de l’examen.
En supprimant la référence commune au socle de compétences, chaque professeur se retrouve isolé dans l’évaluation de « sa » matière, réduisant les occasions de prendre en compte la diversité des compétences des élèves. Ce n’est plus un contrôle continu mais une pression continue à laquelle on soumet les collégiens et les collégiennes, et dont les effets pervers commencent à peine à être pris en compte au lycée.
Le CRAP-Cahiers pédagogique appelle à ne pas renoncer à l’existence d’un travail d’évaluation construit collectivement dans les établissements et à l’ambition d’un socle commun de connaissances, compétences et culture pour tous les élèves.


