Edwige Chirouter : « On ne philosophe jamais tout à fait seul »
Comment rendre accessible la philosophie au plus grand nombre sans en dénaturer l’exigence intellectuelle ? Dans cet entretien, Edwige Chirouter, professeure des universités en philosophie de l’éducation, chercheuse au Centre de recherche en éducation de Nantes (Cren) et titulaire de la chaire Unesco/université de Nantes « Pratiques de la philosophie avec les enfants », revient sur les enjeux politiques, pédagogiques et démocratiques de la philosophie avec les enfants.

Pour vous, qu’est-ce que démocratiser la philosophie ?
C’est ouvrir la possibilité de la pratiquer pour le plus grand nombre quel que soit l’âge ou la condition sociale. Car cette discipline reste élitiste : en France elle est enseignée tardivement (au lycée) et elle demeure absente des filières professionnelles. Dans d’autres pays, elle n’est même proposée qu’à l’université. Nombreux et nombreuses sont donc ceux et celles que j’appelle les « peuples exclus de la philosophie ».
Diriez-vous qu’une minorité de citoyens philosophe ?
Absolument. Si l’on considère la philosophie comme discipline scolaire, seule une minorité la pratique, pendant une durée limitée, dans un cadre contraint et selon une forme scolaire particulière. En plus, comme elle n’est pas enseignée en …