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L’école à l’heure du Covid-19

Maintenir de la coopération dans la classe à distance

Angélique Libbrecht

29 avril 2020

Depuis le début du confinement, en France ou ailleurs, les élèves travaillent à distance. Comment maintenir la coopération entre eux et les rituels d’une classe coopérative ? Des réponses pour le primaire, venues tout droit de Belgique.


Voici quelques outils de coopération, d’échange et d’entraide, qui ont été adaptés à la classe à distance, avec des enfants de 7 ou 8 ans.

  • Un groupe fermé sur Facebook

D’abord, il a fallu retrouver le groupe classe. Dans mes contacts, j’avais seulement un parent d’élève, étant donné que c’est un collègue. Alors, il a fallu commencer par retrouver tout le monde. Par nécessité, j’ai demandé de l’aide aux parents dans un groupe Messenger à partir de mon compte personnel.

  • « Quoi de neuf ? » :

Le « Quoi de neuf ? » en visioconférence avec vingt-trois élèves de 2e primaire (CE1), je l’ai testé mais ça n’a pas fonctionné. Un réajustement s’imposait et nous sommes passés à des petits groupes de six. Mes élèves m’ont épatée, car ils ont fait exactement ce qu’ils avaient l’habitude de faire, alors que je me posais tout un tas de questions ! Sur le plan pratique, les parents ont besoin de connaitre la durée de l’échange afin de s’organiser avec les écrans disponibles à la maison.

Quelques réactions des parents et des enfants suite à l’annonce de la visioconférence
À l’annonce du premier « Quoi de neuf ? » par visioconférence, les parents m’ont dit que leurs enfants étaient ravis et impatients. Beaucoup d’adultes ont dit que cette initiative avait énormément plu aux élèves car ils étaient en manque de l’école, de leur classe, de leurs copains et de leur maitresse. Le temps que tout le monde arrive, j’ai laissé les enfants échanger entre eux. Ils étaient vraiment très contents. Il a quand même été nécessaire de rassurer les parents quant à l’utilisation de la technique. Certains avaient peur de ne pas y arriver.

  • « Bilan flash » :

En classe, mes élèves avaient l’habitude de faire régulièrement des bilans flash. En temps normal, ces moments sont très importants au quotidien, car ils permettent d’avoir rapidement le ressenti, les émotions, des enfants. J’utilise aussi le bilan flash comme moyen d’évaluation. Par exemple : « Comment te situes-tu par rapport à cette leçon sur les heures ? » Étant sur un réseau social avec ma classe, je me suis dit que les parents avaient peut-être eux aussi envie de faire un bilan-flash. De ce fait, ils ont la même version que les enfants et ceux qui le souhaitent, peuvent participer.

  • « Point de connaissances »

Les enfants font des demandes, et j’organise une visioconférence ou j’envoie des tutoriels (personnels ou trouvés sur internet). J’ajuste en fonction de l’élève qui en fait la demande.

  • « Plan de travail »

Le plan de travail continue en partie, car certains fichiers ont été transféré sur un padlet mis à disposition de la classe.

Maintenir une personnalisation des apprentissages

Les exercices d’entrainement réalisés par les élèves sont envoyés par courriel ou par message privé. Et je renvoie des commentaires, fournis des documents complémentaires. Par exemple, un élève avait appris à dessiner un koala et je lui ai envoyé un texte informatif sur cet animal. Il m’a répondu qu’il allait faire quelque chose pour expliquer aux autres de la classe lors d’un prochain « Quoi de neuf ? ».

En ce qui concerne les photos et les commentaires destinés aux publications, soit les parents publient directement, soit ils me font passer les messages. Certains parents ont des difficultés au niveau orthographique et m’envoient un message privé et je publie moi-même. Mettre les photos des réalisations donne des idées à d’autres élèves. De plus, les parents félicitent d’autres parents, grands-parents... Certains parents étaient ravis de voir le groupe Facebook créé. J’ai l’impression que certains arrivaient à court d’idées. Et ce groupe a fait naitre de l’entraide entre les parents de ma classe. Il m’arrive de lancer des questions suite aux publications pour avoir des interactions avec l’élève mais aussi pour essayer d’avoir une sorte de dynamique de classe.

Des messages de félicitations et d’encouragement

Certains publient des vidéos ou des photos. Il arrive que les parents félicitent les enfants. Parfois, ce sont les autres élèves de la classe qui félicitent leurs copains. Certains élèves sont vraiment mignons car ils commencent leurs messages par « Bonjour les copains ! » et terminent en s’envoyant un « bisou » ou en se saluant ! Ils sont exceptionnels !

Et bien que tout ceci ne vaudra jamais le travail effectué en classe, cela permet néanmoins de garder un peu de contact humain malgré la distance !

Angélique Libbrecht
Enseignante en école primaire en Belgique


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« C’est à plusieurs que l’on apprend tout seul », par Sylvain Connac et Stéphanie Fontdecaba

Sur la librairie

 

Mieux apprendre avec la coopération
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