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Éditorial du n° 524 - Le pari du collectif

Travailler ensemble

Cécile Blanchard


Faire équipe vraiment : tout un programme ! Chacun voit bien les réticences que provoque la perspective de travailler en équipe dans l’Éducation nationale, pour ne parler que d’elle, et la difficulté de certains à travailler avec les « autres », issus d’une autre culture disciplinaire, dans le cas des EPI, ou professionnelle, dans le cas des activités périscolaires mises en place en concertation avec les associations et les services municipaux, voire avec les parents d’élèves. Faut-il y renoncer pour autant ? Non, car il s’agit d’un enjeu de société.

L’intention – ou l’injonction – de travailler en équipe prend un sens différent selon que l’objectif est d’enseigner dans sa classe, sa matière, pendant une année, avec des échanges épisodiques voire réguliers avec ses collègues, ou bien de faire réussir tous les enfants, de former les citoyens de demain, des adultes à l’aise dans leur vie et insérés dans la société, à même de la faire progresser autant que de progresser eux-mêmes et de s’émanciper. C’est au fond un peu changer la société…

Dans ce second cas, plus que de travail en équipe, il faudrait même parler de coéducation, c’est-à-dire associer aussi les parents d’élèves, les collectivités territoriales (par leurs élus comme leurs personnels), les associations complémentaires etc. Et même les élèves eux-mêmes, soyons fous ! Il faut tout un village pour élever un enfant, dit-on. De fait, privilégier l’intelligence collective, la tension féconde, partager ou confronter des idées, agréger les compétences et les points de vue pour construire ensemble et avancer dans le même sens, est le moyen le plus sûr d’arriver à l’objectif souhaité.

Et puis la coéducation, ce peut être un moyen de rompre l’isolement, celui des enseignants, celui des parents, celui des éducateurs, tous parfois démunis pour éduquer des enfants dans une société qui change si vite et où l’on a le sentiment que des idées, des enjeux, des innovations nous échappent.

Plus généralement, il s’agit aussi de ne pas rester dans la déploration de la montée de l’individualisme, largement partagée, mais plutôt d’œuvrer pour réintroduire du collectif à tous les niveaux.

Souriez, vous êtes plusieurs !