Le droit de se taire
Mars 1977 : « I work all night, I work all day, to pay the bills I have to pay, Ain’t it sad, And still there never seems to be a single penny left for me, That’s too bad, In my dreams I have a plan, If I got me a wealthy man, I wouldn’t have to work at all, I’d fool around and have a ball, Money, money, money Must be funny, in the rich man’s world » Abba chante l’alternative des dominés : construire une émancipation collective ou s’en sortir individuellement en prenant la place des dominants. Dans le dossier du mois « Du pouvoir dans la classe », Francis Imbert, dans un long texte dont je ne vous livre que quelques extraits, montre que les réponses d’élèves de CM2 interrogés sur le changement dans l’école relèvent d’un conformisme de leur âge et sans doute de leur époque. Autant qu’est de son époque l’analyse institutionnelle de l’auteur. Une époque où les droits de l’enfant étaient régis par la Déclaration des droits de l’enfant de 1959, qui considérait les enfants comme des êtres à protéger et à éduquer et pas encore comme des individus pouvant accéder à une pensée autonome et à des droits d’expression, comme le fait la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989. Qu’il serait simple et bon de considérer que cette évolution des textes fondamentaux a fait disparaitre dans l’école d’aujourd’hui les relents de cette école de la domination d’hier ! Une récente intervention sur la liste de discussion du CRAP-Cahiers pédagogiques nous oblige à en douter un peu, elle évoquait une appréciation de fin d’année d’une enseignante de moyenne section sur le travail d’un élève : « Bien mais trop de bavardages. » La conclusion de Francis Imbert vaut toujours !
Yannick Mével