Penser la complexité
Comment accompagner des collégiens vers la construction d’une pensée complexe en leur apprenant à « problématiser » ? Un exemple à partir d’un mémoire de recherche portant sur un travail de terrain.
Pour étudier l’impact de la pratique philosophique sur les apprentissages et le développement de la pensée complexe au collège, j’ai engagé un mémoire de recherche de master, pour lequel j’ai mobilisé plusieurs outils d’observation complémentaires. Le corpus de ma recherche s’appuie sur des verbatims issus de séances de discussions à visées démocratique et philosophique (DVDP) menées dans deux contextes différents, un établissement favorisé (collège 1) et un collège relevant de l’éducation prioritaire renforcée (REP+, collège 2).
Les deux DVDP du collège 1 :
- La question de départ « Faut-il se marier pour être heureux ? » a évolué en problématique « En quoi est-ce que l’amour nous rend heureux ? ».
- La question de départ « Qu’est-ce que la peur ? » a évolué en problématique « Peut-on vivre sans la peur ? ».
Les deux DVDP du collège 2 :
- Le thème de départ « Les émotions et les robots » a évolué en problématique « En quoi avons-nous des émotions et des émotions différentes ? ».
- Le thème de départ « L’éthique » (travail sur le film Bienvenue à Gattaca, d’Andrew Niccol) a évolué en problématique « Est-ce que c’est parce que l’on est parfait qu’on est heureux ? ».
De la question à la problématisation
L’analyse de ces échanges met en évidence la présence des trois exigences de la philosophicité définies par Mic…