À l’école du débat
À quelles conditions les pratiques collectives orales de la philosophie peuvent-elles faire vivre une expérience, fût-elle imparfaite, de démocratie ?
Associer philosophie et démocratie renvoie à deux idées : faire de la philosophie 1) un objet de démocratisation, (re)mise entre les mains du peuple et 2) un agent de démocratisation, changeant le monde. Toutes deux se retrouvent dans les apports qu’on lui prête, mais dans quelle mesure sont-elles confirmées par les enquêtes empiriques ?
La philosophie profane, pratiquée hors de la classe, sans prétention de formation disciplinaire passe essentiellement par l’oral. Cette modalité permettrait de s’affranchir des inégalités dans le rapport à l’écrit pour démocratiser l’accès à une expérience de raisonnement philosophique. Cela converge avec le fondement de la pratique sur des modèles de dialogue qui en assureraient la teneur philosophique : la communauté de recherche philosophique (CRP) outre-Atlantique préconisée par Matthew Lipman1, ou la discussion à visées philosophique et (même !) démocratique (DVDP), en France mise en oeuvre par Michel Tozzi