On peut changer des conditions pour qu’un élève, ou un enseignant même, puissent apprendre. Mais qu’en est-il d’un établissement ?
On peut changer des conditions pour qu’un élève, ou un enseignant même, puissent apprendre. Mais qu’en est-il d’un établissement ?
Sceptiques invétérés et adeptes enthousiastes s’accorderont-ils, à l’issue de la concertation pour un nouveau projet pour l’école, sur l’indispensable place du numérique à l’école ? C’est le souhait de l’auteur.
Quels contenus enseigner ? Pour préparer à quelle vie ? Répondre à ces questions suppose de faire preuve de lucidité et de courage politique.
Lire, écrire, compter, c’est entendu. Et quoi d’autre ? Apprendre à projeter, à évaluer et à communiquer, nous suggère l’auteur.
L’observation de ce qui se passe et se joue concrètement dans les temps et les lieux d’apprentissage autour des outils et des ressources numériques oblige à sortir des envolées lyriques ou catastrophistes : machine, que ferons-nous de toi ?
En examinant les lignes de force qui traversent les évolutions liées au numérique, on peut imaginer les transformations qui s’esquissent du côté du rapport aux savoirs, de l’apprentissage et, plus globalement, du système scolaire.
Au moment où cet article sera publié, les conclusions de la concertation nationale engagée sur la refondation de l’école seront connues. L’un des membres actifs de ce chantier développe ici ses convictions sur le travail à effectuer quant aux contenus d’enseignement.
À défaut de rédiger la loi d’orientation pour l’école qui sera votée en 2048, prenons un peu de recul historique sur les savoirs enseignés et leur ancrage dans des causalités sociales, voire économiques.
Former à l’exercice d’un métier, certes, mais encore ? Dans un contexte économique incertain, il faut définir les compétences générales nécessaires à l’insertion professionnelle, être capable de montrer leur pertinence à des jeunes entrant dans « la vraie vie ».
Ce qu’on doit apprendre, ce qu’on fait apprendre aux enfants est une question éminemment politique, et ce, depuis, au moins, Condorcet. Apprendre n’est pas un acte individuel, c’est un enjeu démocratique.
Des compositions au socle : les évolutions de l’école à travers le parcours d’un ancien élève devenu professeur des écoles en maternelle.
L’école de la IIIe République était fondée aussi sur le projet de former de « bons petits Français », imprégnés du « roman national ». Quels récits pour aider les citoyens du XXIe siècle à connaitre le monde et construire l’avenir ?
À quoi ça sert d’apprendre l’histoire aujourd’hui ? Comment une prise en compte de l’historiographie peut-elle contribuer à chercher des résonances avec l’actualité de notre monde ?
On le sait, l’enseignement de la langue en France donne des résultats préoccupants, qui s’aggravent et mettent en évidence la marginalisation croissante d’une partie de la population. Comment faire pour sortir de ces impasses ?
La diversité culturelle est souvent source de difficulté pour l’enseignant dans sa classe. Elle peut aussi être un aiguillon et un tremplin pour favoriser l’entrée dans la culture et la prise en compte de l’altérité.
Vieux couple, culture et éducation ont fêté depuis longtemps leurs noces d’or. Toujours aussi unis, ils revendiquent avec fierté une nombreuse progéniture. Pourtant, à bien y regarder, chacun reste sur son quant-à-soi et partage peu avec l’autre. Que serait donc une école culturelle ?
Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui ? Qu’avez-vous appris à vos élèves aujourd’hui ? Que se passe-t-il dans cette école, entre celui qui enseigne et celui qui apprend ?
Si le concept d’intelligences multiples date de la fin du XXe siècle, on ne peut que souhaiter qu’il prenne un peu plus de place dans les préoccupations et pratiques des décennies à venir. Des pistes, dès aujourd’hui.
Dévoluer le problème aux élèves : non pas les laisser se débrouiller, mais construire le dispositif dans lequel ils devront prendre en charge leurs apprentissages.
La tâche des éducateurs est de préparer les jeunes à entrer dans un monde désormais problématique. Comment ? Boussole et carte ne préconisent aucun chemin, mais sont censées fournir des repères pour que chacun puisse suivre sa route.
Le texte qui suit nous donne un exemple de ce que peut être une initiation à la problématisation en cours de mathématiques.
Le texte qui suit nous donne un exemple de ce que peut être une initiation à la problématisation en cours de mathématiques.
Si c’est vrai, à quoi bon en débattre ? Les élèves comme chercheurs, c’est bien gentil, mais chacun ne va pas réinventer toutes les mathématiques ! Débattons-en. Nous sommes en classe de 3e. Le professeur vient tout juste de mettre un terme à la présentation des réponses apportées par les élèves à la […]
Comment apprend-on au XXIe siècle, dans un collège où les équipes mettent en place de façon systématique d’une part un enseignement fondé sur l’approche par compétences, d’autre part, le recours aux outils informatiques ? Florilège de pratiques.
Comment faire de la trace écrite autre chose que du recopiage, ou une vaine injonction à écrire à la place du maitre ? Laisser une trace, une question qui emmène du côté de notre rapport épistémique à l’écriture.
Les observations de deux chercheuses montrent l’influence bénéfique de la prise d’appui sur un modèle studieux et travailleur : il peut contribuer à renforcer le sentiment d’efficacité personnelle là où, au contraire, le modèle de l’élève doué démoralise ceux qui ne réussissent pas d’emblée.
Voici quelques exemples de pratiques quotidiennes d’enseignement qui me paraissent contribuer à réduire les inégalités dans les apprentissages entre élèves. L’idée sous-jacente est que les pratiques pédagogiques classiques, d’une part, et l’implicite, d’autre part, tendent à favoriser les élèves les plus familiers du système.
L’école, ça a d’abord été mon école. Lorsqu’il m’arrive de la revoir, je suis frappé par ses proportions modestes que j’ai du mal à accorder avec le souvenir d’immensité qu’elle m’a laissé. Un monde bien différent du cercle étroit et protecteur de ma famille. On y était dans la classe d’un maître à qui elle avait sans doute appartenu de tout temps et qui en réglait les usages dans le moindre détail. On fréquentait sa cour où, de parties d’osselets en gendarmes et voleurs, on apprenait que l’humanité ne s’arrêtait pas à ses cousins et qu’il fallait y prendre sa place sans que votre maman vienne vous consoler lorsque vous perdiez vos billes ou la face. Il y avait aussi la redoutable cloche sous laquelle vous pouviez passer toute une récréation sous les quolibets de vos camarades trop heureux de ne pas être ses invités du jour.
Dans mon petit lycée de province, que de cours ennuyeux et ternes ! Que de conformisme dans l’étude d’auteurs qui, pourtant, me parlaient et me donnaient envie de débattre ou de réfléchir ! Le cours magistral régnait en maitre, beaucoup de grattage de copies et quelques dialogues menés de bout en bout par des professeurs […]
L’école, ça a d’abord été mon école. Lorsqu’il m’arrive de la revoir, je suis frappé par ses proportions modestes que j’ai du mal à accorder avec le souvenir d’immensité qu’elle m’a laissé. Un monde bien différent du cercle étroit et protecteur de ma famille. On y était dans la classe d’un maître à qui elle avait sans doute appartenu de tout temps et qui en réglait les usages dans le moindre détail. On fréquentait sa cour où, de parties d’osselets en gendarmes et voleurs, on apprenait que l’humanité ne s’arrêtait pas à ses cousins et qu’il fallait y prendre sa place sans que votre maman vienne vous consoler lorsque vous perdiez vos billes ou la face. Il y avait aussi la redoutable cloche sous laquelle vous pouviez passer toute une récréation sous les quolibets de vos camarades trop heureux de ne pas être ses invités du jour.
Moi ? J’ai la chance d’être entrée en 6e en 1960, juste au moment de la démocratisation qui permettait l’entrée libre, sans concours. Mon collège n’en était pas encore un, il avait le nom de « cours complémentaire ».
Mais qu’est-ce que j’en sais de comment les élèves apprennent, moi ? Une commande pareille, ça me donne envie de ressortir la canne du docteur House. Je vais interroger une élève que je connais bien, c’est-à-dire votre servante. Introspection.
Éloigné de mon pays natal, le Maroc, en raison d’intransigeantes ruptures familiales, j’habitais pendant mon adolescence en Picardie, à Abbeville, chez une tante musicienne, amie de grands écrivains et penseurs parisiens, dont le mari, centralien, dirigeait une usine à gaz et électricité de la région.
À l’école, je n’ai pas appris à faire l’amour, mais à le vivre à distance et par procuration, plongé, perdu dans des romans toujours recommencés qui ne parlaient que de ses jeux et de ses hasards. Dans la vraie vie, l’amour ne fait pas école, il faut en inventer le cours soi-même. Tout ce qu’on peut en lire avant n’épuise jamais le coup de dé des rencontres improbables. Mais à l’école, depuis la maternelle, on peut aimer à merveille sa voisine de table
Ecole primaire, je saute une classe et gagne le prix d’honneur de la classe suivante. Le maire de ma ville distribue les prix à la cérémonie de fin d’année et me fait une bise mouillée de vieux bonhomme. J’apprends que les honneurs ne sont pas forcément des récompenses agréables.
Je défends volontiers l’idée que l’expression théâtrale est un apprentissage de la vie, essentiellement parce que chacun doit se confronter à l’autre, qui va prendre plusieurs formes au cours de la mise en place d’un spectacle, et s’éveiller donc à soi.
Nantes. 1962. L’arrivée en classe de quatrième nous conduisit à changer d’étage et à rejoindre des bâtiments neufs, plus agréables que ceux des années précédentes. Je me souviens d’une ambiance joyeuse. La classe reprit une taille plus normale : une petite trentaine d’élèves au lieu des cinquante deux de l’année de cinquième. Une religieuse tonique, extravertie, un brin démago en était responsable – on dirait aujourd’hui professeur principal. Sa vitalité et son entrain rendaient cependant ses cours d’histoire /géographie intéressants. Grâce à elle, je vécus une expérience en cours de géographie qui me laissa des traces durables.
Pour parodier Laurent Ruquier, je dirais qu’à l’école j’ai « tout essayé ». J’ai fait mon entrée à l’école primaire dans les années soixante, et, à cette époque, nous étions triés (garçons-filles) notés, classés. Mon seul exploit durant cette scolarité élémentaire : avoir réussi à occuper successivement la place de dernier, tout au fond la classe… et celle de premier, tout devant. Bien sûr j’ai également testé tous les stades intermédiaires. Comme si j’avais voulu prouver, à mon corps défendant, la stupidité du classement.
J’ai l’âge des Cahiers Pédagogiques, créés en 1945. Je suis rentré en 1971 au Cercle de Recherches et d’Action Pédagogiques narbonnais. Et en 1985 j’ai intégré le Comité de Rédaction des Cahiers Pédagogiques, où je siège toujours. Dès cette époque, j’ai été élu au Conseil d’administration du Crap pendant de nombreuses années. J’ai fait mon entrée à l’école primaire dans les années soixante, et, à cette époque, nous étions triés (garçons-filles) notés, classés. Mon seul exploit durant cette scolarité élémentaire : avoir réussi à occuper successivement la place de dernier, tout au fond la classe… et celle de premier, tout devant. Bien sûr j’ai également testé tous les stades intermédiaires. Comme si j’avais voulu prouver, à mon corps défendant, la stupidité du classement.
J’étais en seconde et, bien qu’assez bon élève, j’avais un rapport assez difficile avec l’école. J’avais l’impression d’y être un imposteur, de ne pas y être à ma place. La culture ouvrière dont j’étais issu (et nous n’étions pas encore très nombreux dans ces années-là) me semblait ignorée, voire méprisée. J’ai fait mon entrée à l’école primaire dans les années soixante, et, à cette époque, nous étions triés (garçons-filles) notés, classés. Mon seul exploit durant cette scolarité élémentaire : avoir réussi à occuper successivement la place de dernier, tout au fond la classe… et celle de premier, tout devant. Bien sûr j’ai également testé tous les stades intermédiaires. Comme si j’avais voulu prouver, à mon corps défendant, la stupidité du classement.
« Et si on faisait un journal ? », proposa Jérôme au groupe. Ces jeunes de 10 à 14 ans et leurs animateurs se réunissaient régulièrement durant leur séjour en centre de vacances, pour faire le point sur la vie du groupe, sur les activités vécues et pour proposer et imaginer. Sa suggestion dut cheminer dans les esprits, car à la fin de la réunion, plusieurs jeunes proposèrent de s’atteler à ce projet. Ils se donnèrent rendez-vous plus tard, pour réfléchir sur la forme, le contenu, le titre.
J’étais en seconde et, bien qu’assez bon élève, j’avais un rapport assez difficile avec l’école. J’avais l’impression d’y être un imposteur, de ne pas y être à ma place. La culture ouvrière dont j’étais issu (et nous n’étions pas encore très nombreux dans ces années-là) me semblait ignorée, voire méprisée. J’ai fait mon entrée à l’école primaire dans les années soixante, et, à cette époque, nous étions triés (garçons-filles) notés, classés. Mon seul exploit durant cette scolarité élémentaire : avoir réussi à occuper successivement la place de dernier, tout au fond la classe… et celle de premier, tout devant. Bien sûr j’ai également testé tous les stades intermédiaires. Comme si j’avais voulu prouver, à mon corps défendant, la stupidité du classement.
Deux heures par semaine, les étudiants de l’AFEV accompagnent individuellement des enfants et des jeunes en fragilité scolaire et sociale dans les quartiers populaires. Les accompagnements se font la plupart du temps au domicile, en lien fort avec la famille. J’ai fait mon entrée à l’école primaire dans les années soixante, et, à cette époque, nous étions triés (garçons-filles) notés, classés. Mon seul exploit durant cette scolarité élémentaire : avoir réussi à occuper successivement la place de dernier, tout au fond la classe… et celle de premier, tout devant. Bien sûr j’ai également testé tous les stades intermédiaires. Comme si j’avais voulu prouver, à mon corps défendant, la stupidité du classement.
L’artothèque de la Fédération Léo Lagrange est un outil éducatif, mis en place en 2009, destiné à sensibiliser le regard à l’art contemporain tout en valorisant le travail d’artistes émergents. À mi-chemin entre le musée d’Art contemporain et la bibliothèque, ce dispositif est un espace, hors des lieux consacrés à l’art, ayant pour vocation de favoriser des rencontres avec des œuvres d’art. Il s’adresse à tous les publics, de la petite enfance aux séniors, ainsi qu’à toutes les structures gérées par la Fédération Léo Lagrange. Ce projet vise la constitution d’un fonds d’œuvres qui pourront voyager à travers le réseau Léo sous forme d’exposition permanente.
Au Paradis d’Enfants www.paradisdenfants.com, nous sommes profondément impliqués dans cette conception de la pédagogie. Avec le grand nombre d’enfants hétéroclites que nous accueillons au sein de notre établissement et la précarité de leur condition, la tâche est titanesque. Pour leur transmettre l’envie d’apprendre, il faut d’abord les préserver puis organiser leur vie quotidienne, sans oublier d’épauler leurs parents.
L’artothèque de la Fédération Léo Lagrange est un outil éducatif, mis en place en 2009, destiné à sensibiliser le regard à l’art contemporain tout en valorisant le travail d’artistes émergents. À mi-chemin entre le musée d’Art contemporain et la bibliothèque, ce dispositif est un espace, hors des lieux consacrés à l’art, ayant pour vocation de favoriser des rencontres avec des œuvres d’art. Il s’adresse à tous les publics, de la petite enfance aux séniors, ainsi qu’à toutes les structures gérées par la Fédération Léo Lagrange. Ce projet vise la constitution d’un fonds d’œuvres qui pourront voyager à travers le réseau Léo sous forme d’exposition permanente.
Situé dans la baie de Hann, face à la belle Ile de Gorée tristement célèbre pour son marché aux esclaves, sur la presqu’île du cap Vert pointant vers l’Océan et les Amériques, invitation au voyage, tradition d’accueil et de brassage culturel, le Cours Sainte Marie de Hann bénéficie de cette histoire et de cette situation exceptionnelle.
Qu’il s’agisse de l’école, l’université ou la formation continue, quel que soit le contexte géographique ou social, l’apprentissage au XXIe siècle apparaît aujourd’hui comme une pratique indissociable des réseaux numériques et des TIC. Les systèmes éducatifs, les communautés de professeurs, les spécialistes, tous essaient de suivre le rythme marqué par l’évolution technologique et du marché. L’autonomie de l’apprenant-consommateur, face à face avec son « dispositif », se dresse en principe et fin ultime de la pédagogie.
Un travail universitaire m’a permis d’interroger cinq étudiants de premier cycle aux profils variés sur la manière dont ils conçoivent l’apprentissage. Cet échantillon réduit révèle toutefois une grande variété de définitions, façonnées par les contextes divers. Ainsi, le programme, la matière, les exigences de l’évaluation mais également les choix d’orientation et projections individuelles influencent les […]
Apprendre, c’est entrer dans une communauté de vie, avec ses formes de dignité, de défense, de religion, de fête, et ses normes implicites. Apprendre à survivre, en situation de pauvreté, souvent, et d’insécurité, que l’on soit riche ou pauvre. Apprendre à vivre au présent, dans les joies du moment. Apprendre, c’est aussi entrer dans un […]